Affichage des articles dont le libellé est Humour. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Humour. Afficher tous les articles

mercredi 7 juillet 2021

Le thaï est une langue difficile... ça oui alors... Décryptage.

 



         Il est bien connu que le siamois est une langue très difficile à prononcer pour les étrangers, notamment pour nous autres Français, qui ne sommes pas habitués à pratiquer les langues tonales. Perso au départ, moi une langue qui ne possède ni conjugaison, ni déclinaison, ni article, vu l'etat de mes neurones, ça m’allait bien… mais n’ayant malheureusement pas l’oreille musicale, comme on dit, j’ai du rapidement déchanter (oui je sais, elle est facile…) et renoncer à mes prétentions d’apprendre seul le thaï...

 

A l’attention de ceux qui continueraient toutefois à garder leurs illusions ou qui, à la veille d’une expatriation n’ont pas encore mesure l’ampleur du défi, je vous propose de décrypter quelques lieux communs relatifs à ce langage mystérieux qu’est le siamois… lieux communs qu’on trouve dans tous les bons ouvrages traitant de la Thaïlande… y compris même le livre de chevet de la plupart des expatriés érudits, j’ai nommé l’incontournable guide Michelin…

 

 

Premier lieu commun : « La langue thaïe est une langue à tons ».

Décryptage : en clair cela signifie que si aviez des velléités d’apprendre le thaï, croyez-moi, mon sentiment est que vous aurez plus vite fait d’apprendre à votre copine à parler français… parce qu’avec cinq tons différents pour chaque syllabe, autant vous dire que vous n’êtes pas sortis de la guest house si vous voulez vous faire comprendre dans la rue…

Essayer de prononcer des mots en thaï avec la bonne accentuation, c’est comme se taper les montagnes russes dans un parc d’attraction… Sur un mot ça monte, sur un autre ça descend… parfois ça monte et ça descend…  ou ça descend et ça monte dans le même mot… Vous je ne sais pas, mais moi ça me donne vite le vertige… surtout passé une certaine heure...

Essayons quand même de préciser un peu ce que veut dire langue tonale… en restant sur un registre résolument pédagogique, puisque enseigner comme chacun sait, c’est partir du connu et se mettre à la portée de tout un chacun…

 

Pour le ton moyen, cela reste encore abordable pour un farang car il suffit de causer « à peu près » normalement… autrement dit pas comme vous le faites pour commander à boire une binouze dans un beuglant le jour de la fête de la bière… mais plutôt à la manière dont vous vous adressez aux représentants de l’Etat thaïlandais lorsque vous demandez votre extension de visa… On s’est compris… Un détail quand meme… à la différence de l’immigration, pas besoin de sourire stupidement pendant toute la durée de l’entretien… ni de ponctuer votre propos par des rafales de wai...

 

Pour le ton descendant, je dirais que ça correspond à peu près au style de tonalité qui sort de votre baladeur lorsque les piles commencent à faiblir… Pour être même plus concret, disons que c’est ce style de voix que vous avez lorsque vous sonnez à la porte de chez vous à cinq plombes du matin, en revenant du « théâtre »… en un mot après avoir trainé là où il ne fallait pas… et que vous demandez poliment à votre moitié (celle qui est restée à la maison… pas celle qui vit sur un tabouret…) qu’elle vous ouvre vu que vous ne trouvez plus ni les clés, ni même la serrure…

 

Pour adopter le ton bas, celui de la voix grave, là il vous suffit de vous mettre dans la peau d’un mec qui aurait laissé sa paire de « joyeuses » sur la pelouse d’un stade de rugby après une mêlée qui aurait mal tournée… ou d’un castrat vénitien, au choix… Oui je sais, l’opéra ce n’est pas votre truc et vous préférez les sports virils… ou du moins qui l’ont été jusqu’à cette fameuse mêlée… Enfin, vous m’avez compris…

 

Pour le ton montant, là c’est super facile à mémoriser, vu que c’est celui qu’adopte votre girl friend lorsqu’elle vous demande à qui appartient ce numéro de portable qui n’est pas le sien et qui déclenche une voix féminine quand on le compose… Là, pas la peine d’insister, je vois que ça vous rappelle des souvenirs…

 

Pour le ton haut, enfin, celui de la voix aiguë, là c’est encore plus facile que pour le ton montant, vu que c’est la séquence suivante… juste avant que votre moitié (celle de la maison ou celle du tabouret, peu importe, elles crient toutes de la même façon…) ne se dirige vers la cuisine pour prendre dans le tiroir le hachoir à viande qui va vous condamner définitivement aux tons bas si vous ne taillez pas la route dans les plus brefs délais…

 

 

Deuxième lieu commun : « La langue thaïe comprend deux alphabets ».

Décryptage : comme si avec nos 26 lettres ce n’était pas déjà suffisant… Au bout du compte ça donne quelque chose comme 44 consonnes et 22 voyelles… soit pas loin de 70 sons différents… Jamais l’expression « Si la parole est d’argent… le silence est d’or » n’a été aussi fondée qu’en Thaïlande… du moins pour un farang.

Quand à l’écriture, alors là, ce n’est même pas la peine d’essayer de la reproduire… Surtout si vous vous trimbalez avec des double, voire des triple foyers façon cul de bouteille parce qu’alors là vous avez toutes les chances d’écrire une lettre à la place d’une autre… sans parler qu’il faut avoir fait les beaux arts tellement c’est biscornu à dessiner…

Le mieux, en matière d’écriture, c’est encore de faire comme pour les gosses : vous faire marquer sur un papier que vous porterez dans un étui accroché au coup, votre adresse (en cas de perte dans la rue) et sur un papier les deux ou trois phrases essentielles à votre survie… plus votre code de carte bancaire au cas où vous ayez à faire face à une urgence…

Lire, écrire, parler le thaï... une question de tons mais aussi de temps en somme.

 

 

 

Maintenant, si vraiment vous n’êtes pas convaincu par mon propos… et que vous persistez à essayer d’apprendre le thaï, il vous reste encore la possibilité de vous tourner vers cette méthode « révolutionnaire » qu’est la "Méthode de thaï pour francophones", proposée par deux spécialistes de la langue thaïlandaise, Olivier Flament et Jules Germanos, qui, si on se fie à ce qui était écrit dans "le petit journal", ont travaillé pendant deux ans et demi sur ce projet... Si je cite le nom de ces auteurs ce n'est pas par dérision (une fois n'est pas coutume...) mais parce que moi aussi je vais me fendre de quelques dizaines d'euros pour acquérir cette méthode miracle. Espérons qu'au terme de ces dix leçons vous et moi serons en mesure de nous débrouiller partout en ville, de jour comme de nuit, au restaurant comme à l'hôpital disent-ils... Tiens, tiens, le restaurant et l'hôpital... ils sont fichtrement futés ces deux là, ils ont bien identifié les lieux de prédilection de leur clientèle potentielle... 

 

Terminons quand même ce billet un brin pessimiste… par une dernière recommandation… Si vous finissez par arriver au terme des dix leçons proposées par les auteurs, et que désormais vous savez dire « Qui vend des oeufs de poules » (sous-titrage réel de la méthode), restez quand même modestes et surtout … prudent… Et oui, il se pourrait qu’en dépit de tous vos efforts et d’une bonne volonté incontestable de votre part, vous vous preniez quand même un jour une main dans la figure, tout ça parce que ce que ce que vous pensiez être un compliment a été transformé par votre prononciation en grossièreté…

 

En quelque sorte, une façon bien siamoise de vous dire : « Parlez moi sur un autre ton je vous prie… ! ».

 

dimanche 10 janvier 2021

Le sport en Thaïlande : allons plutôt courir sur la plage...

  







Phuket… avec ses cocotiers et ses plages dorées… comme dans la chanson… Pourrait-on rêver d’un cadre plus agréable que le bord de mer de Phuket pour courir ?…

 

Phuket, le bonheur absolu pour faire du sport… Oui, enfin sur les catalogues et dans les clips vidéo… parce que dans la réalité, ce serait plutôt l’enfer du joggeur… Non pas à cause des voitures, des camions... et de tout ce qui pourrait vous expédier dare dare à l’hôpital ou au frigo après vous être passé sur le corps… Pour tout dire, il y a là autant de véhicules fous qu’ailleurs… exception faite de ce bled de l’Issan, oublié même des "Phi", où je vous avais proposé précédemment d’aller vous dépenser…

Non, si je parle d’enfer du joggeur, c’est parce que celui qui a l’intention de se livrer à ce sport à Phuket a intérêt à avoir un moral à toute épreuve, vu la pression psychologique qu’il va subir de la part de l’environnement dans lequel il va se plonger… Commençons donc par le début…

Le premier point important pour aller faire un jogging sur cette île… qui n’en n’est pas réellement une comme chacun sait, quelque part du côté de Rawai beach par exemple, c’est de bien choisir l’heure à laquelle on veut courir…

Un conseil d’ami : si vous faites partie de ces « vieux de la vieille » (qui ont tendance à l’oublier un peu…) venus un jour se poser dans le secteur, surtout évitez soigneusement le petit matin et le crépuscule ! Pourquoi me direz-vous, puisque c’est à ce moment qu’il fait le plus frais ?... Certes, certes il fait frais… mais ça peut aussi devenir très chaud pour vous car c’est aussi à ce moment là que vous risquez de croiser de possibles copains que vous connaissez et qui ne manqueront pas de se fendre la poire en vous voyant affublé de votre short et de votre débardeur… Le crépuscule et le petit matin sont en effet les deux moments clé ou tous vos potes sont dans la rue… on pourrait même dire les seuls moments… vu que le reste du temps soit ils font la bamboula (la nuit) soit ils cuvent et ils roupillent (le jour)…

Le crépuscule, étant comme chacun sait l’heure où les « grands fauves » vont boire et partent chasser… ne soyez donc pas surpris de voir tous vos potes de comptoir, juchés sur leur scooter, lunettes noires sur les yeux, commencer à sortir de toutes les soï environnantes au fur et à mesure que le soleil baisse, un peu dans le style « début de journée d’un vampire », pour se diriger vers un de ces points « d’eau » que d’aucun(es) appellent des lieux de perdition (tout de suite les grands mots…) que vous fréquentiez aussi… souvenez-vous… il y a peu… Ne niez donc pas… D’aucuns disent même que vous en étiez le « poteau mitan » comme on dirait aux Antilles… et si vous ne vous étiez pas fait prendre un jour dans un « chalut » il est probable que vous y seriez encore…

Et oui, comme dirait l’autre, ce n’est pas parce que la mariée est aujourd’hui en blanc… qu’elle n’a pas bien vécu avant… n’est ce pas ?

Enfin, si malgré tout vous persistez à vous entraîner dans ce créneau horaire, vu votre carnet d’adresse et votre background, vous avez intérêt à vous équiper d’une paire de lunettes noires pour passer inaperçu, de rentrer le ventre, de poser une casquette sur votre calvitie bien affirmée… en un mot de raser les murs… ce qui vous permettra accessoirement de courir à l’ombre…

Quand à l’idée de partir dérouler au petit matin, laissez moi vous dire que ce n’est pas mieux vu que tous ceux qui se sont un peu « attardés » rentrent avec leurs « achats » de la veille en travers de la selle du scooter, « achats » qui je tiens à le préciser à l’attention des néophytes non pas été réalisés dans une épicerie locale, un seven – eleven, mais plutôt dans un autre type de commerce ouvert tard la nuit que je baptiserai par analogie de… eleven (pm) – seven (am)… les initiés me comprendront… Bien sûr, si vos potes sont suffisamment fumés pour ne pas vous reconnaître ça ira… mais ça, ce n’est pas certain…

Quoi qu’il en soit, si toutefois vous êtes parvenu à éviter de croiser des visages connus (on peut toujours rêver..), sachez que vous vous engagez à présent  dans un parcours qui va réellement se transformer en chemin de croix… et où votre moral sera mis à rude épreuve…

Le premier coup au moral que vous risquez de recevoir pendant votre jogging, c’est lorsqu’au moment précis où vous commencez à en baver comme une bête sur cette route écrasée par la canicule, vous entendez dans votre dos résonner une sorte de  cli-clap régulier qui va crescendo… bruit caractéristique d’une savate asiatique en train de claquer sur l’asphalte… En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, vous sentez… non pas un souffle chaud dans la nuque, je vous rassure… mais un regard narquois se poser sur vous au moment où un nain en tongs usagées vous dépasse allègrement dans la montée où vous êtes en train de cracher vos poumons... Aussi confortablement équipé avec cette paire de savates de compétition sans doute élaborée par Ho Chi Minh, que vous avec vos pompes à coussins d’air incorporés, le mec en question vous lance un « Hello farang ! » accompagné d’un sourire thaï (version Yim yo, signifiant « t’es nul vieux débris et je me fiche bien de ta gueule ») … avant de disparaître au loin dans la brume de chaleur…

Bien entendu, ce n’est pas l’envie qui vous manque de lui dire à cet ahuri ce que vous en pensez de son « Hello farang ! » mais même en situation d’apoplexie, vous gardez suffisamment de lucidité pour vous souvenir que cette zone est truffée d’écoles de Muai thaï, autrement dit de boxe thaïlandaise… et qu’il y a 99,99 % de chances que ce mec soit un stagiaire à l’entraînement, essayant de perdre les quelques grammes nécessaires à sa classification pour le prochain match… Comme un vulgaire coquillage à marée basse, vous la moulez et vous continuez votre chemin de croix tout en perdant autant de sueur qu’un camion thaïlandais rafistolé par un garagiste de brousse perd d’huile sur un chemin défoncé du lointain Issan.

Si vous pensez que vos malheurs vont se limiter à cette humiliation, vous vous trompez… Quand on a pris le calice en main, il faut le boire jusqu’au bout… autrement dit jusqu’à la lie… Je traduis à l’attention de tous ceux qui résident depuis très, très… trop longtemps sur Phuket et qui ne sont pas abonnés à « Témoignage chrétien » : quand on a une Sing dans la pogne, on se la tape jusqu’à la mousse !…

En effet, c’est précisément au moment où vous êtes en train de commencer à oublier ce gamin insolent qu’intervient le second coup du sort.

Précisons avant d’aller plus loin pour ceux qui ne le sauraient pas encore, que ce coin de route de Phuket sur lequel vous avez décidé de vous entraîner est bordé d’au moins autant de bars de nuit, (ouverts aussi de jour vu qu’on y pratique parfois les trois huit…) qu’il y a de platanes sur les bas côtés d’une nationale de France… Comment dans ces conditions, s’étonner qu’à un moment donné ne jaillisse d’une paillote devant laquelle vous passez, l’inévitable « Hello handsome man ! »... On a beau être un vieux routier de la nuit comme vous, le premier réflexe est de lever les yeux de l’asphalte brûlant pour regarder d’où vient la voix qui vous interpelle avec autant d’acuité et de… discernement… Bien évidemment, cette séquence intervient au moment précis où votre vitesse de progression commençait à s’apparenter à celle de la tectonique des plaques… Avouez quand même que pour résister à la tentation de quitter ce qui est devenu une nouvelle colline du Golgotha, il faudrait avoir une force de caractère de titan…

Bien que je m’en lave les mains, car ce n’est pas mon affaire, permettez moi à ce stade de l’épreuve, car c’en est une, de repréciser les données du problème ou plutôt du dilemme pour vous aider à prendre votre décision :

- soit vous continuez à « courir » et vous finirez inévitablement en vous desséchant au soleil sur cette route comme un vieux chameau sur les pistes de Tamanrasset : c’est sûr que vous aurez perdu des calories mais pas que ça…

- soit vous répondez à l’appel qui vous a été lancé et vous rejoignez l’ombre rafraîchissante de la paillote où déjà deux ou trois gogo girls juchées sur leurs tabourets ont commencé à s’agiter à votre vue comme des perroquets sur leur perchoir…

Ne soyons pas obtus quand même… et faisons preuve d’un minimum d’ouverture d’esprit… Une solution intermédiaire pourrait certes être envisageable, une sorte de compromis… Vous pourriez, par exemple, vous contenter de ne faire qu’une halte technique dans ce havre de paix et de fraîcheur et reprendre votre périple après une ou deux bières glacées dégustées en charmante compagnie…

Le seul problème, et tous ceux qui sont un jour entrés dans un de ces débits de boisson, ne serait ce que pour y boire une limonade, ne me contrediront pas… c’est que si l’on sait quand on y entre… on ne sait jamais quand on va en sortir… et dans quel état… J’en connais un comme ça dans le muban où je vis, qui parti un matin pour dérouler quelques kilomètres n’est revenu que... le lendemain aux aurores après un arrêt qui ne devait durer au départ que le temps de descendre une mousse ou deux… Je sais que c’était aux aurores qu’il est rentré parce que quand j’ai entendu gueuler sa femme pour lui souhaiter la bonne arrivée, le jour se levait à peine… Et oui, on part pour un jogging et c’est le début des emmerdes…

Vues les conséquences graves de la décision à laquelle vous êtes confronté, je ne peux me permettre de décider à votre place… En plus comme je ne tiens pas à me retrouver impliqué moi aussi dans le coup de vent qui accompagnera « le retour du mari prodigue » au bercail je préfère vous abandonner à votre libre arbitre sur cette route de la tentation, en espérant simplement que vous ne serez parti qu’avec une liasse de billets en poche et non pas avec votre carte bancaire… Si tel était le cas, vous êtes alors vraiment très, très mal barré… car pour reprendre les termes de quelqu’un que je connais, vous avez toutes les chances de vous retrouver pris dans un processus d’essorage lancé à la vitesse maximum… dont on risque de parler longtemps dans la chaumière (la vôtre bien évidemment...)…

Et oui, vous le voyez, que ce soit à Phuket comme à Bangkok ou au milieu de nulle part, courir n’est pas une sinécure… et même sur une petite route tranquille comme celle de Rawai beach… Estimez vous heureux encore que notre bon joggeur ne soit pas parti traîner ses baskets le long de Patong beach parce qu’en plus il aurait fallu que je le fasse slalomer entre les jet-ski qu’on décharge, sauter par-dessus les poubelles qui dégueulent sans oublier de zigzaguer en tentant d’éviter le maillage de câbles tendus sur le sable par tous les fanatiques du parachute ascensionnel… Quand je vous disais que c’était un sport complet…

 

C’est donc sur cette dramatique fin que je vais clore cette série de billets consacrés à la pratique du jogging au royaume de Siam… en espérant ne pas trop vous avoir sapé le moral…


Le sport en Thaïlande : et si le bonheur était dans la rizière…

  


 

Après le joggeur « urbi »… penchons donc nous à présent sur le cas du joggeur « orbi », qui a choisi pour débarrasser ses poumons des miasmes et des fumées de Bangkok, de faire une cure en sanatorium dans l’Est de la Thaïlande, plus précisément dans un village coincé entre rizière et … rizière…

 

Notre bon expat aurait peut être aimé faire sa « cure » ailleurs, mais que voulez-vous, vu que sa compagne était du coin, il n’a pas tellement eu le choix… et quand il s’est réveillé de la cuite à laquelle il a eu droit pour fêter son arrivée, il était bien trop tard pour revenir sur les engagements (ou les promesses d’ivrogne) pris au cours de la nuit… Et pour une cuite cela en a été une sacrée !… Qu’est ce que vous voulez, l’arrivée dans un village perdu de l’Issan d’un distributeur de billets, d’un ATM comme on dit ici, c’est comme l’installation de l’eau et de l’électricité au fin fond de l’Auvergne… Ca se fête…

Cet expatrié là, précisons qu’en général lorsqu’il en vient à se tourner vers le sport, ce n’est pas seulement à cause de la balance… C’est aussi parce qu’il commence à en avoir sa dose du gardiennage des buffles, du ravalement des façades de la plupart des maisons du quartier à prix coûtant (pour lui bien évidemment…), maisons qui appartiennent toutes à des parents de sa douce, parents naturellement confrontés à un mauvais karma et qu’il faut aider…

Lorsqu’il se décide à faire du jogging, les premiers temps notre expat est un peu la vedette dans le village, étant donné qu’on n’a jamais vu personne oser se trimballer fringué comme il l’est et partir courir sous le soleil à l’heure où en principe on se pose… Pour être clair, au départ comme à l’arrivée de son jogging, avec le public sur les côtés de la rue principale (et unique) c’est un peu l’ambiance disons… des derniers kilomètres de l’Alpe d’Huez… avec en prime les commentaires de la course assurés par un parent de sa moitié… Se sentir la vedette du jour, cela a au moins un avantage, c’est que ça aide à oublier qu’il fait chaud… et surtout là où on est venu atterrir…

Finalement, au bout d’un certain temps notre expat en arrive à se dire que courir sur une piste ou le long des rizières, en fin de compte c’est bon pour la forme car cela lui permet de décompresser, d’évacuer le stress… ainsi que tout ce qu’il picole avec les mecs du village… Tout se passerait donc très bien… jusqu’au jour où se produit une mauvaise rencontre…

La première rencontre désagréable qu’il peut faire sur une piste herbeuse, en pleine cambrousse, c’est bien sûr celle d’un bestiau de 2 mètres de long qui va brusquement se dresser sur son chemin, en l’occurrence un cobra royal… Rien que cela s’il vous plait…

La plupart du temps, même s’il en est à la fin de sa boucle de 8 kilomètres… même si les maisons du village sont en vue… même s’il en a plein les baskets… notre homme fait alors naturellement demi-tour parce que les cobras, croyez-moi, ça ne rigole pas beaucoup et c’est reparti aussi sec en sens inverse en allongeant la foulée… Ce qui est certain, c’est que ce genre de rencontre cela vaut toutes les séances de résistance concoctées par les Mickeys en fluo des salles de fitness… vu que ça fait grimper le palpitant dans les tours comme c’est pas permis… Moralité, pour notre farang qui était parti évacuer le stress…  c’est un peu manqué...

Le plus fort c’est que quand au retour, après avoir retrouvé son souffle et un visage normal, notre expat entreprend de raconter ses mésaventures en avalant pour se remettre de ses émotions, verre sur verre de ce whisky mékong auquel étrangement il trouve un goût excellent aujourd’hui, il se rend compte que tout le monde se marre comme des bossus autour de lui... Mai pen rai !

Finalement quelqu’un entreprend de lui expliquer qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter vu que la bestiole qu’il a croisé n’est probablement que la réincarnation d’un lointain cousin… Certains même, un peu en avance de quelques bières sur les autres, après avoir fait travaillé leur mémoire rajoutent que le cousin en question était même un mec vachement bien, la preuve c’est qu’il est revenu en cobra… Bon d’accord, c’est sûr c’était pas un « Dieu » sinon ce serait un éléphant que notre bon expat aurait croisé sur la piste, mais un cobra c’est déjà pas mal comme réincarnation… D’accord, il a toujours été un peu facétieux et aimé surprendre les gens « le cousin », c’est entendu… mais enfin, bon si on sait le prendre, pas de souci… Pour tout dire, si on n’en n’avait pas parlé au farang avant son jogging c’est simplement parce qu’on pensait qu’il l’aurait deviné tout seul… cela va sans dire voyons… Si notre bon expat n’avait pas encore compris le sens de ce que veut dire vivre dans une société à « fort contexte de communication », on peut à présent estimer que c’est fait maintenant…

Mais là où notre expat finit par craquer littéralement, c’est quand quelqu’un en vient à lui demander s’il n’a pas fait de mal au cobra au moins… parce que si tel était le cas, cela serait embêtant … et ça pourrait finir par mettre « le cousin » en rogne… vu qu’il était aussi un peu caractériel dans sa jeunesse…

Mais quand on court autour d’un village du profond Issan, il n’y a pas que les serpents qu’on peut rencontrer quand on est un expat joggeur… Il y a aussi les chiens… Et là, n’en déplaise aux amis des chiens, je vais être obligé de dire un peu de mal des canidés…

En règle générale, le chien thaïlandais n’est pas en soi très impressionnant… car il n’est embarrassé ni par ses muscles (tout comme l’expat retraité moyen)… ni par ni sa graisse (là, c’est moins vrai pour l’expat retraité…)... Le seul problème quand on rencontre un clebs, c’est qu’il faut le décliner… au pluriel. Et oui, tout comme les trains, un chien peut en cacher un autre… et même à vrai dire plusieurs autres, certes tous plus faméliques et déplumés les uns que les autres mais ils sont une « tétra-chiée plus quinze »… Et là, mauvaise limonade… Il y a intérêt à prendre tout cela très au sérieux… Vous vous marrez ? Et bien regardez le grand Rambo qui pourtant en connaît un bout en matière de baston dans le sud est asiatique… Et bien il n’a jamais osé se fritter avec une horde de chiens asiatiques… Comme quoi…

Serait ce l’odeur du farang, la vue de son long nez, le fluo de ses fringues, la « grâce » de sa course… difficile à dire mais une chose est certaine, alors qu’il roupillait depuis des heures, voilà notre chien galeux et famélique qui se réveille brusquement à l’approche du coureur et se met à gueuler. Tous les autres qui étaient postés le long de la route, bien évidemment se réveillent à leur tour et au fur et à mesure que notre sportif avance, d’autres chiens commencent à se profiler à chaque tournant… L’embuscade, la vraie… Pour s’en sortir plusieurs possibilités s’offrent alors à lui… Si cela doit vous arriver aussi un jour, alors notez bien  ce que je vais vous dire…

La première option c’est bien entendu celle de la négociation… mais le farang nouvellement arrivé en Issan parle rarement le thaï du nord-est… En plus, vu le nombre de clébards qui traînent sur la route, ce sont des sacs complets de barbaque ou de royal canin qu’il faudrait trimbaler dans le Camel back pour les convaincre de céder le passage… Pas la peine d’essayer le riz, le poulet ou le poisson pour les appâter, comme tout bon expat, ils en ont un peu marre de ce régime… mettez vous un peu à leur place… C’est déjà fait ?... Bon, alors je passe à l’autre option…

La seconde option, c’est celle de la dissuasion… Concentrez-vous et suivez bien mon raisonnement car c’est un peu tordu, même franchement déjanté… Mais je peux vous assurer que ça marche… Le but c’est que les chiens en arrivent à penser que vous n’êtes pas un farang venu de l’ouest mais un Vietnamien en voyage de prospection… Vous me suivez ? Si un des chiens, à votre allure, à votre façon de parler se dit « Mef, ce type là il vient d’Hanoï ou de Saïgon … il y a de la restauration collective en préparation dans l’air… » c’est gagné… car chacun sait à travers tout le sud est asiatique que les Vietnamiens sont friands de brochettes et de cuisseaux de chien. Là, l’effet est immédiat… Les cabots taillent la route dare-dare et vous pouvez continuer à courir…

Ne me demandez surtout pas comment les clebs sont au courant… ou alors c’est que vous n’avez rien, mais alors rien compris à la technique de la réincarnation… et le mieux que vous ayez alors à faire c’est de commencer par aller suivre un bon stage chez Ricard (pas Paul le concurrent du pastis 51, non l’autre Mathieu, celui qui cause riche…).

Une chose est certaine, le moins qu’on puisse dire c’est qu’avec cette histoire de karma et de réincarnation ça aide la tradition orale à se perpétuer dans le temps, la preuve avec les chiens…

Si malheureusement vous ne parlez ni le thaï, ni le vietnamien vu que vous n’avez pas fait les langues O (ou alors vous ne seriez pas à traîner là au milieu des rizières, vous seriez plutôt en train de bosser à l’IRASEC ou à l’ambassade…), si vous êtes incapable de courir sur huit kilomètres déguisé en paysan du delta du Fleuve rouge avec un chapeau pointu sur la tête, il ne vous reste plus alors que la troisième option : l’action brutale autrement dit, le passage en force grâce à la mandoline à ours…

Nanti d’un solide bâton de palabre, que vous aurez préalablement taillé avant votre mise en route dans un bois dur et noueux, et trimbalé jusque là tel un Moïse moyen pendant la traversée du désert, il ne vous restera plus qu’à vous ouvrir un chemin dans la masse canine à grand renfort de moulinets, un peu comme Roland à Roncevaux ou pour faire plus local, du roi Mengraï face aux hordes birmanes… C’est certain que ça va gueuler sur votre passage mais croyez moi, ça marche… en un mot, pas de mollesse avec les molosses… surtout qu’en plus ça permet de faire travailler les bras… Après ça il vous sera difficile de dire que le jogging n’est pas un sport complet…

Inutile de vous préciser qu’à l’arrivée ce n’est pas la peine de vous vanter de ce type d’exploits… Outre le fait qu’à l’heure d’Internet cela viendrait rapidement aux oreilles de la SPA, il est probable que cela générerait aussi des histoires de famille dans le village… Pour sûr, parmi les obstacles que vous aurez « « caressés » du plat de votre gourdin, il y aura probablement des proches de gens que vous connaissez… Certes dans leur vie antérieure ce ne devaient pas être des cadors et le moins qu’on puisse dire c’est qu’ils ne se sont pas vraiment défoncés pour accumuler des mérites vu que leur karma les a fait revenir sous une enveloppe de chien… mais quand même… ce sont des parents… Faut pas charrier… Si ça se sait c’est encore un sac d’embrouilles en perspective… Donc motus et bouche cousue et l’harmonie du village sera préservée… c’est l’essentiel... Que voulez-vous, le sens de la famille c'est encore une réalité en Thaïlande !


Mais bien entendu, si le sport en milieu rural n’est pas réellement votre passion, il vous reste encore la plage de Phuket pour essayer de perdre un peu de poids…

 

 

(à suivre…)

Le sport en Thaïlande : Jogging dans les rues de Bangkok... tout ce qu'on ne vous a pas dit... (1)

  




          Puisque comme "Momo l'expat" vous avez décidé de vous mettre au jogging, sachez dès à présent que courir en Thaïlande peut très rapidement s’avérer être une aventure à rebondissements… et ceci dans tous les sens du terme, croyez moi… Suivant que vous vivez dans la jungle urbaine de Bangkok, au fondus de l’Issan dans un village tellement pommé que même les "phis" s'en sont barrés ou sur une plage dorée comme Phuket, votre jogging n’y sera pas tout à fait le même… Mais quel que soit le cadre, il y a aura pourtant toujours un point commun : votre vie va désormais connaître une série « d’emmerdes » dont vous n’avez même pas idée… C’est bien pour cela qu’il vaut mieux que nous en parlions dès à présent… Sinon vous en viendriez à me le reprocher… depuis votre piaule d'hosto ou de sanatorium...

 

Commençons si vous le voulez bien par le premier cas de figure, à savoir l’expatrié retraité vivant à Bangkok…

Pour cet expatrié là, dont la pointe d’effort physique journalière se limitait jusqu’à peu à l’ascension de l’escalier du métro aérien… et encore en faisant une halte technique à mi-parcours… chausser des chaussures de sport pour aller courir dehors représente un vrai défi... Plutôt que de parler à son égard de séance de remise en forme, il conviendrait mieux de requalifier cela en « parcours de survie en jungle urbaine »… Si vous ne me croyez pas, laissez moi vous faire part d'une indiscrétion recueillie de la bouche même d’un vendeur (désœuvré) d’équipements sportifs (bon marché) d'un grand magasin européen ouvert depuis quelques années sur Bangkok et dont les dirigeants n'ont peur de rien en ces temps de COVID  : Il se murmurerait que Bear Grylls... le mec qui dans « Man Vs Wild » a une semaine pour rejoindre seul la civilisation dans un environnement sauvage et désertique, avec pour tout équipement de la ficelle, une pierre à feu et un couteau ... aurait préféré se faire licencier par Discovery Chanel ... plutôt que de venir courir dans les rues de Bangkok… C'est vous dire si ça craint  cette ville !

On peut d’ailleurs le comprendre, car il faut dire à sa décharge que là où il va, en règle générale, il ne risque tout au plus que de se faire bouffer par un croco ou mordre par un serpent venimeux, de dévisser d’une paroi rocheuse ou de se faire courser par une tribu de sauvages du style de ceux vivant sur North Sentinel Island, désireux d’améliorer leur ordinaire… La belle affaire !… Question danger, tout cela on l’a déjà à Bangkok avec les bestiaux pas recommandables qui circulent dans les rues en période de crue de la Chao Phraya, les trous sans fond qui s’ouvrent sans crier gare dans la chaussée et les taxis qui se prennent tous pour des pilotes de Formule 1 à la recherche d'une pointe de vitesse entre deux feux rouges …

Beer Grylls, passe sans doute pour un mec « couillu » mais lui au moins à la différence de notre expat téméraire, il ne risque pas pendant son parcours sur un trottoir plus qu’incertain, de se faire ébouillanter par la bassine d’eau chaude d’une Phôuu-ying (qui en plus l’engueulera…), de glisser sur la flaque d’huile de vidange d’un garagiste de trottoir ou de terminer en figure de calandre d’un 4 x 4 de luxe qui a serré de trop près le bord de la chaussée… avant de finir dans l’anonymat d’un frigo vu qu’on lui aura tiré son « larfeuille » entre le moment de l’accident et l’arrivée des secours… Et oui, c’est la version adaptée et locale des gestes de premier secours où la finalité reste avant tout la survie du… spectateur… Comme quoi il y a quand même des réputations de héro à revoir...

A ma connaissance, à part deux illuminés qui s'amusent à traverser la ville en droite ligne, il n’y avait dans le temps qu’un mec qui passait là où Beer Grylls a rendu son baudrier et son mousqueton… C’était « Philippe le photographe », celui qui avait choisi comme terrain de jeu China Town… Mais pour accéder à ce « plateau sportif » il lui avait fallu au préalable connaître tous les garçons bouchers, tous les marchands de poisson… et un certain nombre « d’intermédiaires »… Enfin, pour être tout à fait honnête, précisons que lui il marchait… Peut être qu’il courait après avoir pris sa photo indiscrète jusqu’à un motosai qui l’attendait au coin de la rue… mais ça il ne le racontait jamais sur son blog… A vérifier… Il faudra que je m’intéresse de plus près à lui dans quelques temps…

Alors, puisque les rues de Bangkok ne sont pas très sures, où aller me direz-vous ?

Bien sûr, si vous vous sentez un potentiel de sportif de haut niveau en devenir… où si dans votre précédente vie bouddhique vous étiez dans l’enveloppe corporelle d’un hamster… vous pouvez vous rendre dans un club de remise en forme pour aller courir sur un tapis… Mais si comme moi vous n’êtes pas un fervent adepte de ces lieux où l’on passe deux heures à transpirer dans une salle décorée par un jeu de miroirs que madame Claude aurait aimés, entourés de types qui vous reluquent bizarrement en se trimbalant avec une « ficelle dans la raie » en guise de short de sport, il vous faut aller en extérieur…

Les rues de Bangkok étant suicidaires ainsi qu’on on l’a vu, la seule solution qui tienne le pavé… si j’ose dire… c’est de vous rendre dans un des quelques parcs de la ville comme Lumphini ou Chatuchak. Le cadre y est verdoyant, on y croise fréquemment de jolies jeunes femmes élancées en tenue fluo… et même quelques éphèbes (et oui, il en faut pour tous les goûts…)… C'est certain qu'il n'y a rien de mieux que la vue d'un joli minois... ou pour être plus exact la vue arrière de ce qu'on pense être un joli minois car il y a peu de chance que vous lui passiez devant... et quand je dis devant... pour vous doper... A coté de ce que votre imagination va ensuite véhiculer comme fantasmes, l'EPO c'est de l'eau distillée...

Bref à première vue l’endroit idéal pour le sport… Idéal, vite dit… Ce serait l’idéal s’il n’y avait pas tous ces varans à enjamber, ces gosses zigzagant dans tous les sens et qu’il faut éviter sans même parler du risque de télescopage avec un vélo fou, piloté par un type dont l'horizon se limite à la roue avant et qui semble à tout prix vouloir faire un strike avec en guise de quilles les piétons… Si vous n’avez jamais vu à quoi ressemble le sport de masse un dimanche soir à Lumphini ou à Chatukak… imaginez vous l’ouverture d’un grand magasin britannique un jour de soldes… Vous voilà prévenus… Bonne chance !

Un dernier point enfin… Si vous tenez vraiment à courir sur Bangkok et que vous arriviez à échapper à tout ce dont j’ai parlé, il y a un truc que vous n’éviterez pas… La silicose... avec en prime une paire de poumons dignes d’un mineur polak, qui en sortant du trou à charbon, aurait occupé ses soirées de libres à cloper avec Serge Gainsbourg…

 

De quoi allez s’installer à la campagne, pas vrai ?

 

 

(à suivre…)

Galerie de portraits : chronique d’un début de journée normale avec “Momo l’expat”...

  




A l'attention de ceux qui se demanderaient ce que peut faire de ses dix doigts tout au long d'une sainte journée sous les tropiques l'expatrié français moyen vivant en Thaïlande, ce transfuge régulièrement mis à l'index par les ayatollah de Bercy, voici quelques éléments de réponse, sachant néanmoins que toute ressemblance avec ma propre existence serait bien entendu purement fortuite...


La vie quotidienne d’un expat retraité moyen pourrait à première vue sembler au départ généralement assez banale… et très routinière. Pourtant, à y regarder de plus près, en dépit des apparences, chacune des journées de notre homme commence régulièrement par un drame… dans l’odeur du café frais qui monte dans l’air… Pour comprendre les ressorts de ce drame, rendons-nous si vous le voulez bien chez celui de mes voisins que j'ai choisi comme modèle et que nous appellerons désormais « Momo l’expat »… afin de l'observer débuter une journée qui va s’avérer fertile en émotions...

 

Parmi les premiers rituels auxquels se livre notre expatrié retraité, chaque matin au réveil, il y a une séquence incontournable : le passage sur la balance en revenant d’aller faire un tour « au fond du couloir »… D’un pas alerte, curieux de savoir comment a évolué son indice de masse corporelle depuis... hier matin... notre homme se juche sur cet « équipement de précision » (dixit le vendeur... bien que made in China, donc condamné à une espérance de vie limitée...)...  A peine est-il monté dessus que la réaction ne se fait pas attendre : une bordée de jurons remplit la maison… Cet engin diabolique, dont les résultats sont probablement faussés par l’humidité ambiante accuse encore 500 grammes de plus que la veille ! … Humidité, peut être... mais il faut quand même réagir se dit notre homme en descendant, réalisant en son for intérieur, dans un sursaut de lucidité, que l’hygrométrie ambiante n’explique peut être pas tout…

 

Et à partir de ce moment là, débute dans son esprit la valse des mesures à prendre pour perdre du poids : alléger les repas, picoler un peu moins, se lever plus tôt… la seule limite à ces contre-mesures étant comme chacun sait,  le manque d’imagination…

Malheureusement, le problème des résolutions d'un expat retraité… pas vraiment débordé par le travail… c’est qu’il y a en général peu de chances qu’elles aillent plus loin que l’apéro du midi… sauf à faire preuve d'une volonté d'acier (je préfère dire d'acier et pas de fer vu que le fer ne résiste pas trop au climat local...). En fait il y a tellement de sollicitations au sein de ce village gaulois qu’est la communauté des retraités français que notre homme est quand même excusable à bien des égards… Tenez, pas plus tard que ce matin, en se connectant sur le blog d'un copain, que voit – on ?... Une alléchante série de photos concernant les produits maison d’un traiteur alsacien qui vient d’ouvrir… Vous vous doutez bien qu'entre un bol de riz blanc (version gluante ou non gluante, suivant que votre compagne ou épouse thaïlandaise est originaire ou pas du Nord-est du pays) et une assiette de charcutaille bien de chez nous, il n’y a pas photo… 

En plus, s’asseoir sur la natte à 17 heures pour manger un brouet local accompagné d'un poisson desséché dont même un chat ne voudrait pas, c’était marrant et exotique un temps… mais comme toutes les « bonnes choses » il fallait que ça s'arrête et qu'on passe rapidement à d’autres réjouissances… Plus qu’un problème de gastronomie cela devenait au fil des jours une question de survie… sans parler du regard des copains installés dans le pays depuis beaucoup plus longtemps et qui se marraient comme des bossus en saucissonnant allègrement depuis leur terrasse… Et en plus je ne vous parle même pas des crampes dans les « guitares » à la fin des « agapes » locales parce que la position en tailleur, il faut s'appeler Bouddha pour la tenir sans problème... Il y a des jours où il lui fallait presque un palan à notre bon Momo pour l'aider à se relever...


Poursuivant ses réflexions notre homme en vient alors à entamer le second rituel de la matinée, à savoir la consultation sur son ordinateur, une cigarette (hors taxes) à la main, du cours du dollar pour voir comment a évolué la parité bath / euro… Là aussi, à nouveau… action, réaction… 
L’affichage des résultats, confirmant la tendance générale passée des dernières semaines, à savoir la baisse inexorable de son pouvoir d’achat, génère instantanément une seconde bordée de jurons qui pour le coup finit de réveiller vraiment la maisonnée…

En proie à ce que nous appellerons pudiquement une légère « contrariété » pour ne pas employer les grands mots et parler de « fracture de moral », notre homme, tirant sur les bretelles de son « marcel », jette sa première « clope » à peine entamée de la journée et traînant ses savates sur le carrelage (savates d’intérieur je précise parce quand on est bien éduqué dans ce pays on laisse ses « pompes » dehors…), commence à arpenter la maison dans tous les sens en gueulant comme un putois d’une voix de stentor qu’on doit entendre aux quatre coins du lotissement… Tout y passe… Pêle-mêle la mondialisation, la crise européenne, ces escrocs de traders qui s’enrichissent sur le dos des autres, Sarko, Hollande et leurs gouvernements d’incapables (… désolé mais comme on est dans un processus d’automatismes, il lui faudra un certain temps d’adaptation avant que le nom de Macron vienne naturellement à sa bouche…)… j’en passe et des meilleures…

Sa compagne, réveillée en sursaut, apparaît un bref instant… la « gueule enfarinée » comme on dit… au propre pour cause de poudre de riz (et oui encore et toujours le  riz...) et au figuré…  puis comprenant très vite que « le bois est en train de se mouiller », disparaît subrepticement avant qu’on ne songe à lui rappeler le rôle clé qu’elle joue (avec l'aide de sa nombreuse parenté proche, moyenne, éloignée...) dans la diminution du pouvoir d’achat de la maisonnée… Comme quoi, en Thaïlande comme partout ailleurs, on a beau être dans une société où on contrôle ses sentiments et ses réactions chacun sait que « quand la mer est mauvaise faut pas faire ch…. le marin ! ».

 

Un certain nombre de jurons plus tard, le calme revient progressivement dans la maison, au fur et à mesure que notre homme, jamais à court d’idées, commence déjà à envisager un plan B pour faire face à l’érosion de son capital, en l’occurrence « plier ses gaules » et aller s’installer au Cambodge voisin où si l’on se fie aux chroniques des magazines francophones locaux, « les cailles tomberaient encore rôties du ciel »… comme au bon vieux temps en Thaïlande…

 

Mais le fait d’avoir gueulé, c’est bien connu, ça ouvre l’appétit… alors direction le frigo… Quand je vous disais que les résolutions chez un expat français retraité ça ne va jamais très loin… Et on est encore loin, très loin de l’apéro ! … Le point positif de cette affaire c'est qu'au fur et à mesure que l'estomac se remplit, le cerveau commence à reprendre le contrôle de la bête… Et c’est là précisément que notre expat retraité, abandonnant pour un temps ses projets de migration au delà du Mékong, se remet à penser progressivement à la balance… Et si je me mettais à faire un peu de sport… se dit notre homme, au beau milieu d’une bouchée de pain recouvert de cette excellente terrine qu’on lui a envoyé de la lointaine France… mais dont ce « salaud » a soigneusement négligé de faire état à ses copains expats… Plus perso que ça ce n'est pas possible… comme quoi la solidarité nationale et gastronomique a ses limites…


Et oui, après tout, le sport ne semble pas une si mauvaise chose dans ce contexte déprimant où d’un côté on assiste à l’effondrement du cours de l’euro, et partant des économies de ce bon Momo, ce qui est générateur de stress… de l’autre on ne peut qu’observer une croissance lente mais inexorable de l’indice de masse corporelle de l’intéressé… génératrice de surpoids… bon allez, n’ayons pas peur des mots… d’un début d’obésité… Vous avez compris : stress plus obésité, notre homme n'est pas clair... car voici réunis tous les ingrédients de l’accident cardio-vasculaire… Il ne manque plus à ça que le facteur déclencheur, à savoir le besoin de… « fantaisie » de madame… pour transformer ce bon Momo en légume en « deux temps trois mouvements » ou pour être tout à fait précis en « deux temps, trois mouvements… et deux cris… »… le second cri étant bien entendu le râle de celui dont la pompe vient de claquer à vide...

En effet, la situation est grave et il y a vraiment intérêt à réagir rapidement et si l’on veut tout à la fois évacuer ce stress, faire chuter ce poids… et maintenir un ratio « Offre (de monsieur) / Demande (de madame) »… disons acceptable… Et là sur ce dernier point, c’est pas gagné, car j’ai omis de vous faire part d'un détail qui a son importance : si ce bon Momo est gourmand en matière de gastronomie, disons qu’en ce qui concerne les fréquentations féminines, il frise avec la gloutonnerie… vu l’âge de sa compagne… Vous voyez ce que je veux dire... Mais nous aurons l’occasion d’aborder ultérieurement la question de la cure de jouvence entreprise au péril de leur vie (et de leurs économies) par nombre de retraités étrangers dans ce pays… Donc concentrons nous un peu sur l'essentiel et revenons en au sport…

 

Suite à cette brutale prise de conscience, le spectre du déambulateur, voire du fauteuil à roulettes qui couinent… commençant à faire son chemin dans son esprit, ce bon Momo, quelques gouttes de sueur au front, finit par reposer délicatement sa tartine de confit d’oie et repousse son verre de rosé frais… ne pensant plus qu’à une seule chose : faire de l’exercice physique. Il faut impérativement qu’il parvienne à « se dépenser et éliminer »… J’ai bien dit « se dépenser et éliminer » et pas « boire et éliminer » comme le suggère une marque d’eau minérale bien connue… chose que Momo savait déjà faire depuis longtemps… mais pas avec de l’eau minérale, vous vous en doutiez un peu…

 

Mais quand on a moins de 85 balais, âge normal de péremption des expatriés retraités (au regard des statistiques), du moins jusqu’à l'apparition de la COVID, que reste t-il comme dérivatif raisonnable que l’on puisse pratiquer en Thaïlande ?

Le vélo ? Non merci… vu le trafic et le style de conduite locale, notre homme n’a pas vraiment envie de rejouer un remake du film « Duel » de Spielberg et de toutes façons il a passé l'âge de jouer aux coursiers new-yorkais zigzaguant entre les pick-up et les vans fous… Finir en tête de calandre d’un pick-up façon Victoire de Samothrace sur les Rolls, ce n’est pas précisément ce à quoi il aspire…

Le tennis ? Pour ça, il faudrait avoir de la coordination et du souffle… et il y a bien longtemps que Momo n’a plus ni l’une…ni l’autre…

Le golf ? Même si c'est très à la mode c’est juste bon pour passer un peu de temps à dire du mal des autres expats… en attendant de se retrouver au bar… Un cercle vicieux en somme…

La natation ? Ne me faites pas rire, vous ne trouvez pas qu'il y a déjà assez d'eau dans le Ricard pour vouloir aller en ingurgiter un peu plus dans une piscine... et je ne parle même pas des amibes…

Non, la seule bonne réponse c’est… le jogging !

Mais si se remettre à la course est une excellente chose, croyez moi, ainsi qu’on va le voir, c’est toutefois loin d’être aisé au Royaume de Siam et ceci, quelque soit l’endroit où l’on vit…


NB : pour ceux qui en douteraient encore, Momo ce n'est pas moi la preuve, je ne porte pas de "Marcel"... 

Le paradis et l’enfer en Europe… et ailleurs...

  




                 « Heureux comme Dieu en France » dit un proverbe allemand bien connu… Pourtant, à en croire certains « Philosophes de comptoir » qui s’expriment sur les réseaux sociaux, l’hexagone ne serait apparemment pas ce paradis qui a justifié les nombreuses « visites musclées » que nos amis d’outre-Rhin nous ont rendues tout au long des siècles passés… La meilleure des preuves en est que de plus en plus de retraités songent à déserter ce soi disant "pays de cocagne" pour rejoindre des contrées plus accueillantes afin d'y vivre sans souci le reste de leurs jours...  A l'usage donc de ceux qui n'ont pas encore franchi le pas mais qui n'envisagent pas pour autant une expatriation en dehors de l'espace Schengen et afin de les aider à déterminer le pays où il fait le mieux « bon vivre »... et partant celui qu’il faut éviter, voici un petit article humoristique... 

Pour mener à bien cette démarche, inutile disent nos « experts » de s’encombrer la tête avec les grandes théories bien connues des professionnels du management interculturel : les quatre critères pertinents pour dissocier en Europe le paradis de l’enfer seraient en effet selon eux, l’action de la police, l’art culinaire, la mécanique auto, l’organisation du travail et… l’art d’aimer. Il n’y a pas à chercher plus loin…  

Voyons donc ce qu’il en est à propos de ces clichés… avant de situer tout de même la Thaïlande par rapport à ces pays qu'il convient d’éviter ou pas...

 

 

1 - Le paradis ce serait là où la police est britannique et l’enfer... là où elle est allemande…

Si l’on fait le tour des polices européennes, il semblerait effectivement que le « Bobby » britannique véhicule une image d’éducation et de politesse inégalable… Outre le fait qu’il pousse la courtoisie jusqu’à ne pas être armé, sans doute pour ne pas effrayer ses concitoyens, chacun sait en outre qu’il ne lui viendrait pas à l’esprit de venir sonner chez vous à des heures indues pour un contrôle d’identité ou une perquisition. Ce privilège de pouvoir « déranger » les gens avant sept heures du matin ne saurait être toléré, si l’on en croît Churchill, que pour le laitier londonien et… pour les « voyous » de la Gestapo dont l’impolitesse notoire due à un manque flagrant d’éducation expliquerait sans doute l’image défavorable véhiculée encore aujourd'hui par la police d’outre-Rhin. Même si le souriant inspecteur Derrick nous offre désormais une image conviviale des policiers allemands, il semblerait bien qu’en France le souvenir de ceux de ses prédécesseurs qui œuvraient pendant la période 1940 - 1945 ou en Europe de l’Est des VOPO qui sévissaient le long du mur de Berlin soit apparemment encore présent dans les mémoires… 

 

2 - Le paradis ce serait là où les mécaniciens sont allemands et l’enfer... là où ils sont français…

Visiblement le souvenir de la 2 Cv Citroën qui a transporté des générations de Français moyens (avec ou sans un cageot d’œufs) ou de la 404 Peugeot qui a parcouru toutes les pistes d’Afrique et du Maghreb semble aujourd’hui se dissiper par rapport au prestige croissant des BMW et des Benz, comme on dit en Asie… sans oublier bien évidemment le combi Volkswagen qui après avoir convoyé les amateurs « d’herbes aromatiques » des années 60-70 sur les chemins de Katmandou revient aujourd’hui en force dans une livrée écolo… Si j’étais Carlos Ghosn, entre deux soucis d'ordre judiciaire..., après tous ces efforts faits pour remonter Renault, une telle conception du paradis automobile m’agacerait quand même un brin…  Ce qui est certain c'est qu'il est difficile de faire oublier aux gens que la « voiture du peuple » a traversé en son temps l’Europe dans les deux sens... le voyage retour ayant été assurément plus apprécié par les populations locales que l'aller…, et ceci sans nécessiter le recours aux réparations du système D français… preuve indéniable de sa robustesse et de sa fiabilité.

 

3 - Le paradis ce serait là où les cuisiniers sont français et l’enfer... là où ils sont britanniques…

En matière culinaire, inutile de développer… Si le bon Dieu a localisé le fois gras et toutes ces variétés de fromage en France… mais la panse de brebis farcie ainsi que la viande bouillie outre-Manche, c’est bien pour que les choses soient parfaitement claires… Voyons, si la France n’était pas le pays de la gastronomie pourquoi voudriez vous qu’un marchand de pneumatiques donne dans les guides culinaires ?... Avez-vous déjà entendu parler d’un guide gastronomique Dunlop ou Firestone ? Moi pas... D’ailleurs, si Peter Mayle, ce transfuge britannique qui a émigré vers le Luberon pour des raisons essentiellement gustatives, a intitulé son best-seller « Une année en Provence » et pas « Une année au Pays de Galles », c’est bien pour une raison, non ?… Ceux qui en douteraient encore n’ont donc qu’à se plonger dans ce livre et ils comprendront… en salivant... ou à défaut à regarder "La cuisine des mousquetaires " de l'inénarrable Maïte, la "serial killer" qui assassine en un tour de main les canards et les poulets pour notre plus grand plaisir, maîtresse femme encore plus redoutée dans les basse-cours que le "colonel" Sanders, lui même, le fondateur de Kfc...

 

4 - Le paradis ce serait là où les amants sont italiens et l’enfer... là où ils sont suisses…

Dans le domaine de l’amour, pour « être bien vu » de sa partenaire, il semblerait pour reprendre le langage des spécialistes en management interculturel qu’il faille avoir une conception du temps à la fois cyclique et polychronique, en d’autres termes qu’il faille savoir vivre dans l’instant présent en oubliant planning et horloge, tout en étant capable de mener plusieurs actions à la fois… et sans oublier de privilégier bien évidemment la personne par rapport à la « tâche »… A ma connaissance, un seul pays est effectivement capable de produire des individus présentant toutes ces aptitudes et c’est précisément l’Italie, qui nous a donnés « L’art d’aimer » d’Ovide et le « latin lover » par excellence, j’ai nommé Rudolf Valentino… Nous autres Français qui jalousons toujours quelque peu les Italiens, nous nous doutions quand même un peu de leur supériorité sur ce plan là, n'est-ce-pas ?... Mais au lieu de râler de notre seconde position, plaignions donc plutôt nos amis helvètes qui eux ne sauront jamais à côté de quoi ils passent en gardant en toutes circonstances un œil sur leur chronomètre de précision et l’autre sur leur portefeuille… encore qu’on puisse les comprendre un peu s’ils sont en compagnie d'une personne de « mauvaise vie » comme disent les âmes prudes... Quand aux Allemands et aux Anglo-saxons, sans être suspectés de « stakhanovisme » comme les Suisses, inutile de dire que leur conception monochronique du temps et leur culture du résultat les mettent définitivement hors jeu dans ce domaine là… petite satisfaction pour nous après mai 40 ou Waterloo...

 

5 - Le paradis ce serait enfin là où les choses sont organisées par des Suisses et l’enfer... là où ce sont des Italiens qui s’en chargent…

Evidemment, quand on est un homme, il vient un moment où il faut quitter la chambre à coucher conjugale (ou de passage…) pour aller gagner sa vie en œuvrant dans l’ordre et la bonne humeur… et c’est là que sonne la revanche des Suisses dont le sens pratique, le culte du secret et l’organisation dans le travail ridiculisent depuis des générations ces Italiens fantaisistes, beaux parleurs et peu fiables… Et oui, si vous ne saviez pas pourquoi la papauté préfère depuis cinq siècles confier sa sécurité à des gardes recrutés dans les cantons suisses plutôt qu’à des Sardes ou des Piémontais et bien vous avez la réponse maintenant… Certes, le Saint-Père aurait bien entendu pu recourir aux Calabrais et aux Siciliens, « Italiens un peu à part » comme chacun sait et qui en matière de maniement d’armes passent pour être assez « habiles », mais c’était là une question d’image, car pour garder le Vatican, les Suisses présentaient mieux, reconnaissons-le… et ceci pas uniquement pour une question de taille ou de foi religieuse…

 

6 - Et la Thaïlande dans tout cela, où se situe t-elle…

Si ce classement laissera sans doute quelque peu indifférent tous ceux qui ont décidé d'aller vivre un jour quelque part à "l'Est de Suez", pour parler comme les Britanniques, il peut quand même s’avérer intéressant de voir où se se situe la Thaïlande par rapport à tout ça... ne serait ce que pour mieux en apprécier les conditions de vie locales...

Si pour commencer on se penche sur l'image des gardiens de l'ordre public du "pays du sourire", force est de constater qu'en règle générale ce sont des gens ouverts au dialogue et à la "conciliation"... enfin surtout à l'approche de l'heure des repas quand ils commencent à avoir la dalle, ce qui les pousse à s'agiter fébrilement et à scruter la rue à la recherche d'un éventuel contrevenant... Question look, si le "bobby" londonien en plus d’être aimable fait très classe avec son chapeau noir, il n'en reste pas moins qu'il peut toujours s'accrocher par rapport à nos archers locaux au sourire mécanorivé et au costard littéralement taillé sur la peau. Je crois qu'exception faite du flic des Village people, il est difficile de faire plus moulant que ça comme fringues... et plus sexy parait-il aux dires des dames retraitées farangs... Mais oui, il en existe dans ce pays...

En matière de mécanique auto, au vu de ce qui roule sur certaines routes thaïlandaises... mais qui échappe visiblement à la détection visuelle de notre ami en uniforme...  mon sentiment est que les mécanos allemands peuvent se rhabiller pour la longévité et la robustesse des véhicules... Quant à MacGyver, question démerde et savoir-faire, en comparaison de ce que peut faire un garagiste de trottoir local avec un marteau, un bout de fil de fer et une tenaille... le mieux qu'il ait à faire pour ne pas se ridiculiser, c'est de retourner jouer dans sa chambre avec sa panoplie du parfait petit bricoleur...

S'agissant de l'art culinaire, avant de vous ruer sur les petits plats de Maïte, je tiens à vous rappeler que la cuisine thaïlandaise passe pour être l'une des plus succulentes et des plus saines qui soit... La meilleure des preuves en est qu'elle vous permet de perdre des kilos plus rapidement qu'en ingurgitant les recettes que cette plaie de Bernard Canetti, le fondateur de "Comme j'aime", s’évertuait à nous vanter sur les chaines télévisées françaises à l'heure  les sexto, septua, octo et nonogeneres français passaient à table dans les maisons de retraite... J'emploie délibérement l'imparfait, car force est de constater que le bougre est moins présent depuis un certain temps sur le petit écran... sans doute en raison d'une disparition récente et non prévue dans son business plan d'une partie de son "fan club"... pour cause de pandémie. Soucieux moi aussi d'entretenir mon audimat, je ne développerai pas plus avant ce thème que j'aurai l'occasion d'aborder un jour prochain en vous parlant de la street food... et de son inimitable goût, issu d'une association harmonieuse de plomb et de pesticides sur ses productions... 

En ce qui concerne l'amour... avec un petit a... je crois qu'il est inutile de faire un dessin sur les avantages procurés par une migration au-delà des frontières de l'espace Schengen, en direction de l'Est... Dans ce domaine et au vu des possibilités offertes, incontestablement la Thaïlande relègue l'Italie au rang de désert sexuel. Non seulement il y en a pour tous les goûts vous diraient certains journaleux, écrivains ou critiques littéraires... un brin ambigus et équivoques... mais en plus on y a créé une troisième option pour ceux qui ont du mal à se positionner sur l’échelle des préférences... Allez donc trouver çà ailleurs...

Reste enfin la question de l'organisation, et là c'est vraiment un vaste débat... Pour être organisé c'est certain que dans ce pays on l'est... mais il n'y a que les Thaïlandais eux-mêmes qu'y semblent s'y retrouver... Heureusement qu'ils ont inventé la formule magique du "men pai rai", le sourire et... les "arrangements"... pour résoudre les blocages car sinon on pourrait penser qu'on est au pays de Kafkha... N'ayant pas encore trouvé le mode d'emploi du système il faudra que je revienne sur ce sujet... 

Vu le sérieux de tous ces thèmes de réflexion, vous conviendrez avec moi qu'une étude approfondie de chacun d'entre eux s'impose car je ne voudrais pas que vous restiez sur votre faim...

 

Donc en résumé, si l’on se fie aux clichés des « Philosophes de comptoir », « l’Européen heureux » serait un Italien, marié à une Française cordon bleu, conduisant une puissante berline allemande, vivant à Londres et… disposant d’un compte bancaire en Suisse… donnée essentielle quand on sait le prix des loyers outre-Manche… Quand à « l’Européen malheureux », vous n’avez que l’embarras du choix car toutes les combinaisons et gradations sont possibles, aussi je vous laisse juge de déterminer où vous vous situez… sauf bien entendu, si vous êtes un Suisse alémanique marié à une Anglaise et possédant une Renault ou une Peugeot… auquel cas votre cas est bien évidemment désespéré… 

Dans une telle éventualité, il ne vous reste plus alors qu'à prendre vos valises et à nous rejoindre très vite sur les bords du golfe de Siam... histoire de vous refaire une santé physique et mentale... Croyez moi, c'est là une question de survie... d'autant que le temps presse...


Nota : cet article a déjà été publié sur le site du cabinet de consultants en management interculturel " Regards interculturels " sous une forme légèrement différente et plus succincte.

Bienvenue sur Amazing Thailand... ex Sanouk...

            Bonjour à toutes et à tous, puisque vous venez de vous prendre les pieds dans la toile et êtes venus buter sur mon nouveau blog,...