dimanche 10 janvier 2021

Le sport en Thaïlande : Jogging dans les rues de Bangkok... tout ce qu'on ne vous a pas dit... (1)

  




          Puisque comme "Momo l'expat" vous avez décidé de vous mettre au jogging, sachez dès à présent que courir en Thaïlande peut très rapidement s’avérer être une aventure à rebondissements… et ceci dans tous les sens du terme, croyez moi… Suivant que vous vivez dans la jungle urbaine de Bangkok, au fondus de l’Issan dans un village tellement pommé que même les "phis" s'en sont barrés ou sur une plage dorée comme Phuket, votre jogging n’y sera pas tout à fait le même… Mais quel que soit le cadre, il y a aura pourtant toujours un point commun : votre vie va désormais connaître une série « d’emmerdes » dont vous n’avez même pas idée… C’est bien pour cela qu’il vaut mieux que nous en parlions dès à présent… Sinon vous en viendriez à me le reprocher… depuis votre piaule d'hosto ou de sanatorium...

 

Commençons si vous le voulez bien par le premier cas de figure, à savoir l’expatrié retraité vivant à Bangkok…

Pour cet expatrié là, dont la pointe d’effort physique journalière se limitait jusqu’à peu à l’ascension de l’escalier du métro aérien… et encore en faisant une halte technique à mi-parcours… chausser des chaussures de sport pour aller courir dehors représente un vrai défi... Plutôt que de parler à son égard de séance de remise en forme, il conviendrait mieux de requalifier cela en « parcours de survie en jungle urbaine »… Si vous ne me croyez pas, laissez moi vous faire part d'une indiscrétion recueillie de la bouche même d’un vendeur (désœuvré) d’équipements sportifs (bon marché) d'un grand magasin européen ouvert depuis quelques années sur Bangkok et dont les dirigeants n'ont peur de rien en ces temps de COVID  : Il se murmurerait que Bear Grylls... le mec qui dans « Man Vs Wild » a une semaine pour rejoindre seul la civilisation dans un environnement sauvage et désertique, avec pour tout équipement de la ficelle, une pierre à feu et un couteau ... aurait préféré se faire licencier par Discovery Chanel ... plutôt que de venir courir dans les rues de Bangkok… C'est vous dire si ça craint  cette ville !

On peut d’ailleurs le comprendre, car il faut dire à sa décharge que là où il va, en règle générale, il ne risque tout au plus que de se faire bouffer par un croco ou mordre par un serpent venimeux, de dévisser d’une paroi rocheuse ou de se faire courser par une tribu de sauvages du style de ceux vivant sur North Sentinel Island, désireux d’améliorer leur ordinaire… La belle affaire !… Question danger, tout cela on l’a déjà à Bangkok avec les bestiaux pas recommandables qui circulent dans les rues en période de crue de la Chao Phraya, les trous sans fond qui s’ouvrent sans crier gare dans la chaussée et les taxis qui se prennent tous pour des pilotes de Formule 1 à la recherche d'une pointe de vitesse entre deux feux rouges …

Beer Grylls, passe sans doute pour un mec « couillu » mais lui au moins à la différence de notre expat téméraire, il ne risque pas pendant son parcours sur un trottoir plus qu’incertain, de se faire ébouillanter par la bassine d’eau chaude d’une Phôuu-ying (qui en plus l’engueulera…), de glisser sur la flaque d’huile de vidange d’un garagiste de trottoir ou de terminer en figure de calandre d’un 4 x 4 de luxe qui a serré de trop près le bord de la chaussée… avant de finir dans l’anonymat d’un frigo vu qu’on lui aura tiré son « larfeuille » entre le moment de l’accident et l’arrivée des secours… Et oui, c’est la version adaptée et locale des gestes de premier secours où la finalité reste avant tout la survie du… spectateur… Comme quoi il y a quand même des réputations de héro à revoir...

A ma connaissance, à part deux illuminés qui s'amusent à traverser la ville en droite ligne, il n’y avait dans le temps qu’un mec qui passait là où Beer Grylls a rendu son baudrier et son mousqueton… C’était « Philippe le photographe », celui qui avait choisi comme terrain de jeu China Town… Mais pour accéder à ce « plateau sportif » il lui avait fallu au préalable connaître tous les garçons bouchers, tous les marchands de poisson… et un certain nombre « d’intermédiaires »… Enfin, pour être tout à fait honnête, précisons que lui il marchait… Peut être qu’il courait après avoir pris sa photo indiscrète jusqu’à un motosai qui l’attendait au coin de la rue… mais ça il ne le racontait jamais sur son blog… A vérifier… Il faudra que je m’intéresse de plus près à lui dans quelques temps…

Alors, puisque les rues de Bangkok ne sont pas très sures, où aller me direz-vous ?

Bien sûr, si vous vous sentez un potentiel de sportif de haut niveau en devenir… où si dans votre précédente vie bouddhique vous étiez dans l’enveloppe corporelle d’un hamster… vous pouvez vous rendre dans un club de remise en forme pour aller courir sur un tapis… Mais si comme moi vous n’êtes pas un fervent adepte de ces lieux où l’on passe deux heures à transpirer dans une salle décorée par un jeu de miroirs que madame Claude aurait aimés, entourés de types qui vous reluquent bizarrement en se trimbalant avec une « ficelle dans la raie » en guise de short de sport, il vous faut aller en extérieur…

Les rues de Bangkok étant suicidaires ainsi qu’on on l’a vu, la seule solution qui tienne le pavé… si j’ose dire… c’est de vous rendre dans un des quelques parcs de la ville comme Lumphini ou Chatuchak. Le cadre y est verdoyant, on y croise fréquemment de jolies jeunes femmes élancées en tenue fluo… et même quelques éphèbes (et oui, il en faut pour tous les goûts…)… C'est certain qu'il n'y a rien de mieux que la vue d'un joli minois... ou pour être plus exact la vue arrière de ce qu'on pense être un joli minois car il y a peu de chance que vous lui passiez devant... et quand je dis devant... pour vous doper... A coté de ce que votre imagination va ensuite véhiculer comme fantasmes, l'EPO c'est de l'eau distillée...

Bref à première vue l’endroit idéal pour le sport… Idéal, vite dit… Ce serait l’idéal s’il n’y avait pas tous ces varans à enjamber, ces gosses zigzagant dans tous les sens et qu’il faut éviter sans même parler du risque de télescopage avec un vélo fou, piloté par un type dont l'horizon se limite à la roue avant et qui semble à tout prix vouloir faire un strike avec en guise de quilles les piétons… Si vous n’avez jamais vu à quoi ressemble le sport de masse un dimanche soir à Lumphini ou à Chatukak… imaginez vous l’ouverture d’un grand magasin britannique un jour de soldes… Vous voilà prévenus… Bonne chance !

Un dernier point enfin… Si vous tenez vraiment à courir sur Bangkok et que vous arriviez à échapper à tout ce dont j’ai parlé, il y a un truc que vous n’éviterez pas… La silicose... avec en prime une paire de poumons dignes d’un mineur polak, qui en sortant du trou à charbon, aurait occupé ses soirées de libres à cloper avec Serge Gainsbourg…

 

De quoi allez s’installer à la campagne, pas vrai ?

 

 

(à suivre…)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Bienvenue sur Amazing Thailand... ex Sanouk...

            Bonjour à toutes et à tous, puisque vous venez de vous prendre les pieds dans la toile et êtes venus buter sur mon nouveau blog,...