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mercredi 27 janvier 2021

A la recherche de l’âme sœur en Asie : L'improbable rencontre (5eme partie)...

 


La rencontre… planifiée.

Ce type de rencontre là consiste à avoir recours à un site spécialisé sur lequel s’inscrivent les personnes désireuses de mettre fin à leur célibat... Souvent tournée en dérision par les plus jeunes qui ne comprennent pas ce type de recherche qu’ils assimilent globalement à une « foire aux bestiaux », c’est pourtant à mon avis la méthode la plus fiable pour ceux qui arrivés à un certain age, veulent prendre leur temps et ne pas courir trop de risques pour refaire une vie…

Si les sites de rencontre pullulent, il semblerait cependant que tous ne présentent pas le même degré de fiabilité… car sur certains d'entre eux aucun contrôle n'est pratiqué à propos des profils affichés et c'est ainsi que l'on y voit parfois même des « professionnelles » de tous ages de l'amour tarifé s'y glisser...

Cette tromperie commence déjà au niveau des administrateurs du site avec la publication par ces derniers de photos de ravissantes célibataires… qui s’avèrent être en fait des modèles professionnels particulièrement photogéniques… que vous n’aurez bien entendu aucune occasion de rencontrer… mais comme il s’agit de marketing, passons sur ce détail...

Un petit peu plus ennuyeux est par contre le problème des fausses photos publiées parfois par les personnes qui s’y inscrivent, d’où certaines surprises lors de la première rencontre… mais comme il n’y a pas de mal à essayer de se valoriser pour attirer le regard ou se rajeunir… passons donc aussi et pardonnons leur…

En revanche, s’agissant du profil détaillé, précisant les traits de personnalité, les diplômes, l’age, la situation familiale et professionnelle… lorsqu’il y a tromperie, là c’est beaucoup plus gênant car cela dénote un manque flagrant d’honnêteté de la personne… Dans ce domaine là, je ne parle pas bien entendu des légères entorses à la vérité mais des mensonges éhontés… Un de mes bons amis, fatigué de la surenchère de diplômes annoncés par certaines femmes et voulant se mettre à l’abri des arnaques, a ainsi délibérément choisi la plus humble situation professionnelle affichée, à savoir femme de ménage, ce qui lui a permis de rencontrer une adorable et charmante Thaïlandaise que nous aimons beaucoup avec mon épouse pour sa simplicité et sa gentillesse.

Parmi les données importantes à prendre en compte avant de lancer une prise de contact, il en est une à ne pas négliger, à savoir le niveau linguistique en anglais... La langue française étant peu pratiquée en Thaïlande, sans exiger un niveau d’anglais très élevé, il faut en effet pouvoir communiquer un minimum sinon gare aux dégâts par la suite… Même si ce niveau est faible, il n’y a toutefois pas trop d’inquiétudes à avoir car dans un pays l’on pratique une langue tonale, le perfectionnement en anglais chez la personne rencontrée se fera assez rapidement… en tous cas plus vite que votre apprentissage de la langue thaïe…

Beaucoup de femmes n’ayant pas nécessairement les moyens de payer un abonnement sur ces sites et ne les fréquentant que « passivement », il ne faut toutefois pas trop s’attendre à ce qu’elles vous contactent directement, hormis par un flash d’alerte ou l’équivalent, car pour envoyer un message il faut généralement avoir payé un abonnement. Ce sera donc à vous messieurs de faire en quelque sorte le premier pas en vous inscrivant moyennant une somme assez modique.

En ce qui concerne la localisation géographique, personnellement, je recommande de rechercher quelqu’un vivant à proximité de votre point de chute plutôt que quelqu’un qui vit à l’autre bout du pays… ou en tous cas loin d’un centre urbain… Sauf si on est soi même prêt à s’y rendre, ce n’est en effet pas forcément la situation de facilité… d’autant que Bangkok offre une telle diversité de profils disponibles qu’il serait dommage d’aller chercher très loin ce qui est à portée de main. D’aucuns me rétorqueront à juste raison que loin de la ville ce n’est pas si mal, surtout si l’on recherche le calme ou une occupation au vert, mais encore faut il accepter d’être mobile... A chacun de voir donc... Dans tous les cas, un des points clé en matière de rencontre sur site c’est d’éviter quand même de rechercher quelqu’un vivant sur des lieux de fréquentation massive de farangs car le risque est grand de tomber sur quelqu’un de mal… ou plutôt de trop intentionné car ayant « de l’expérience » dans ce domaine et parfois beaucoup trop d’exigences, notamment financières…

Une fois inscrit, et à cet égard je conseille les sites locaux type Cupid’s anciennement ThaiLoveLinks, plutôt que les sites internationaux, le mieux est ensuite de multiplier les contacts puis… d’observer… Outre la confirmation de l'alchimie physique et morale réciproque, le but est de déterminer la personnalité de la « partie adverse », l’exactitude du profil annoncé… et le degré de sociabilité de celle-ci, entendons par là, sa capacité d’adaptation, car vivre dans un couple multiculturel exige cette aptitude de part et d'autre. Nous aurons l’occasion de développer ce point…

Pour la première prise de contact, je pense que c’est surtout le week-end qui est le moment le plus favorable pour cela… En effet, proposer à quelqu’un pour une première rencontre un dîner en semaine vers 19 h dans le centre de Bangkok ne peut manquer de générer des soucis matériels pour la personne invitée… Vivant en règle générale en banlieue, devant parfois jongler entre le métro, le bus, la motosai… sans pouvoir se doucher et se changer apres la sortie du travail… et pour finir rentrer tard chez soi après le dîner en travaillant le lendemain, une telle invitation risque de lui causer nombre de problèmes pratiques dans une ville immense comme Bangkok.

S’agissant de cette première prise de contact, il ne faudra toutefois pas être surpris de se retrouver finalement… trois à table et non deux… car la postulante aime parfois venir avec une amie… histoire de se rassurer… Pas de quoi s’émouvoir pour autant car on gagne ainsi parfois du temps… et il peut se produire des rebondissements inattendus… Ainsi, tout récemment, un de mes amis qui avait rendez-vous avec une jeune femme rencontrée sur le net… est finalement « reparti » avec l’amie de cette dernière car il avait en fin de compte trouvé « l’accompagnatrice » beaucoup plus à son goût… Il faut donc savoir être réactif en toutes occasions…

Pour en revenir à cette première rencontre, l’objectif recherché est de préciser avec exactitude qui est qui… autant d’un coté que de l’autre… Ainsi que je l’ai dit plus haut, le souci de la face poussant nombre de femmes à afficher un niveau d’études bien supérieur, alors même nous le savons bien que ce point est tout à fait secondaire pour la réussite d’un couple durable, il convient sans pour autant ridiculiser la personne, ce qui serait méchant et discourtois, de clarifier cette donnée, le niveau de maîtrise de la langue anglaise étant à cet égard souvent très révélateur du niveau d’instruction générale… 

Mais ce n’est pas là bien entendu le seul point important… Si à la première rencontre la personne arrive « maquillée comme une voiture volée » ou habillée d’une façon excentrique, négligée… voire indécente, mon sentiment est qu’il est inutile de prolonger le round d’observation… sauf à s’exposer dans le futur à des soucis… Là aussi c’est à chacun de voir ce qu’il veut… mais je renverrai à cet égard à l’excellent petit livre de Frédéric Amat « La drôle de vie des expatriés au Cambodge » où l’auteur nous décrit les désillusions d’un jeune Français récemment marié à une jeune Cambodgienne rencontrée dans un bar de nuit, à l'occasion d’un premier dîner avec des amis français…

Quelque chose de révélateur aussi dans ce premier contact sera le choix du restaurant pour cette rencontre… et même pour les suivantes d’ailleurs... Ainsi, si la personne vous propose d’emblée de dîner au State Tower, inutile de dire que vous n’allez pas tarder à être nominé pour la remise des « pigeons d’or » vu le tarif de ce luxueux établissement… Même chose si elle commande les mets les plus onéreux… Etre et durer doit désormais être votre devise dans ce marathon qui débute…

La tenue à table ne devra pas non plus être négligée car elle est révélatrice de l’éducation… Si dans un restaurant occidental correct de Bangkok la personne que vous avez en face de vous se libère de ses chaussures ou/et adopte la position assis-tailleur sur sa chaise… dites vous qu’il sera difficile de la faire un jour « se lever de la natte »… Je ne parlerai même pas du rot concluant les agapes qui parfois survient… j’en ai été témoin… et qui pour exprimer une certaine satisfaction gastronomique ne manquera pas d’être gênant dans un dîner avec des amis occidentaux…

D’aucuns et d’aucunes me diront que c’est là une attitude d’intolérance de ma part… A chacun son opinion, mais en ce qui me concerne j’estime que l’adaptation doit se faire dans les deux sens et ce même si l’on réside à l’année en Asie. A partir du moment où l’on attend de nous qu’on s’adapte au milieu d’accueil, on est en droit d’obtenir la réciproque de sa future compagne en public, notamment lorsqu’on revient dans un environnement occidental car le souci de la face ne doit pas être l’apanage d’une seule partie… Si pour l’un il faut savoir manger de temps en temps un riz – poisson sur la natte, il faut aussi pour l’autre savoir en retour s’habiller, se maquiller et se tenir « correctement » … dans un dîner avec des occidentaux. Ceci étant, et quand bien même on partirait de très loin dans ce domaine, il est toutefois évident qu’il faut laisser une chance de rattrapage si l’on estime que la personne va faire un effort pour s’adapter… Après tout, même « Pretty Woman », allias Julia Roberts, y est arrivée donc ne perdez pas espoir… Une chose est certaine, si le manque d’instruction n’est pas une tare, en revanche le manque d’intelligence des situations et l’incapacité à s’adapter en sont une…

Maintenant, lychee sur le gâteau si j’ose dire, si cette rencontre s’avère positive, encore faut il que vous soyez prêt à affronter dans la durée les « chinoiseries » diverses et variées qui vous seront ensuite réservées… car il vous faudra aussi faire la connaissance des parents, des amis… parfois nombreux… ce qui exigera de vous une ouverture d’esprit et une souplesse de caractère indéniables. Parmi ces « formalités » et pour l’avoir personnellement vécu, il y aura par exemple parfois le passage devant un « tribunal » familial chargé de vous poser des questions que des Occidentaux pourraient trouver indiscrètes et incongrues concernant vos motivations et vos projets de vie, vos moyens financiers pour assurer le devenir matériel de la dame, voire même les raisons de votre célibat ou de votre divorce passé, etc… Refuser de jouer le jeu serait offensant et ferait perdre la face à tout le monde, à commencer par votre conquête, donc esprits obtus et psycho-rigides s’abstenir impérativement de ce type de rencontre… 

En ce qui me concerne, c’est par le biais d'un site de rencontre sur Internet que j’ai pu rencontrer celle qui est mon épouse depuis dix ans et qui m’a permis de refaire une vie, bien différente de celle que je menais auparavant... mais il y a temps pour tout…

Et je ne suis pas le seul dans ce cas…


A suivre...


lundi 25 janvier 2021

A la recherche de l’âme sœur en Asie : L'improbable rencontre (3eme partie)...

 


Poursuivons donc notre route avec la rencontre… qui se prolonge dans le temps.

Cette rencontre là est sans doute la plus banale qui soit mais pour la mettre en œuvre, je dirais au risque d’énoncer une lapalissade, qu’il faut « donner du temps au temps » comme disait un certain « Tonton François », fin connaisseur s’il en est en matière de conquêtes féminines… Pour celui qui ne vient en Asie que pour des séjours de courte durée, ce type de rencontre est donc virtuellement impossible, sauf à revenir régulièrement et toujours au même endroit… et sans une trop longue interruption entre deux voyages. Je connais ainsi un couple qui s’est formé au fil des voyages professionnels que faisait l’homme sur Bangkok pour le compte de son entreprise française et qui allant toujours dîner pendant son séjour dans le même restaurant s’y est lié avec une des employées… qu’il a ensuite épousée et ramenée en France.

Pour celui qui travaille sur place à l’année dans un pays asiatique, inutile de dire que c’est la situation privilégiée par excellence car le temps limitera le risque d’erreur et permettra une communication plus directe et plus approfondie. Outre l’apprentissage des rudiments de la langue, ce type de rencontre permet d’intégrer correctement les spécificités socioculturelles qui caractérisent le milieu d’évolution et qui structurent en partie la personnalité de la personne dont on fait progressivement la connaissance.

Le seul souci dans ce type de rencontre, c’est de savoir regarder correctement autour de soi… et quand je dis correctement je veux dire en identifiant sous la timidité ou la réserve de ses collègues, de ses collaboratrices, de ses clientes, de ses voisines… la personnalité et les attentes de chacune, sachant encore une fois que la crainte de la perte de face dans le cadre du travail sous le regard de tout le monde est paralysante pour nombre d’entre elles, paralysie encore plus accentuée par les différences hiérarchiques. Et regarder correctement les bonnes personnes, quand on côtoie quotidiennement des « Bangkok dolls » thaïlandaises ou des « Sarong party girls » singapouriennes sexy, sophistiquées et tirées à quatre épingles, croyez moi, c’est tout sauf facile… L’homme étant chasseur depuis la nuit des temps, sur Bangkok cela nécessite parfois une sacrée dose de self-control… car on a très vite fait de perdre des dixièmes de vue lors de ces contacts… et pas que cela d’ailleurs…

Une solution possible pour tester ce type de rencontre, c’est bien entendu de s’installer à demeure pour quelques mois dans un endroit donné, d’observer son environnement, d’y nouer des contacts d’abord utilitaires et marchands, puis si la mayonnaise prend, relationnels et pourquoi pas… affectifs. Bien entendu cela exige de la patience, une certaine disponibilité qui n’est pas donnée à tout le monde, mais c’est faisable… Pour finaliser cette « intégration » locale on peut également la compléter par une inscription dans un club sportif et comme il n’y a pas que la muay thaï, discipline un brin ambitieuse et rustique pour vos vieux os et surtout trop masculine au regard de vos objectifs, les salles de fitness, la participation à des compétitions de trail, à des clubs de randonnée ou de cyclisme… voire le golf, peuvent aussi vous aider à nouer ces contacts. Dans ce dernier sport, qui même s’il se démocratise, participe de l’affichage public du niveau social, il n’est pas impossible qu’on se heurte à un certain ostracisme de la part des autres membres surtout si ces derniers font partie d’une classe aisée qui estime en règle générale n’avoir rien à recevoir des pays occidentaux… hormis des produits de luxe… Pas de découragement quand même car il reste les caddie… et parmi elles certainement des personnes bien et adorables à tous points de vue…

Si vous n’aimez pas le sport, bien sur, il vous reste encore la possibilité d’aller visiter chaque jour la maison Jim Thompson en choisissant à chaque fois la même guide francophone … et il n’est pas impossible qu’ à la longue cela fonctionne… du moins si elles est libre… si vous lui plaisez et… si vous êtes dans sa tranche d’age… Pour ne pas paraître suspect, et ne pas inquiéter inutilement la sécurité du site, vous avez quand même intérêt à vous bâtir au préalable un solide alibi de visite du style « études architecturales » ou « recherches relative à la disparition inexpliquée du créateur de ce musée »… Maintenant, si vous êtes réfractaire à l’architecture traditionnelle thaïlandaise ou aux soieries mais que vous aimez les bouquins sur l’Asie, allez donc plutôt traîner du coté de l’Alliance française… lieu de passage obligé pour de nombreuses jeunes femmes bien sous tous rapports, préparant un voyage ou des études en France… En prime de vous cultiver, vous pourrez vous initier aux rudiments de la langue thaïlandaise avec une des enseignantes… et qui sait même plus si affinités comme on dit…

Plus sérieusement, avec un peu de recul on s’aperçoit que sur Bangkok le nombre de jeunes femmes disponibles, ayant fait de bonnes études et se tenant bien, sérieuses… sans doute trop au regard de certains mâles locaux… est tout simplement impressionnant. Une de nos amies françaises nous racontait ainsi qu’une de ses jeunes collaboratrices, charmante, parlant le français et diplômée, se morfondait dans sa solitude car elle faisait « peur » aux Thaïlandais de son age qui la jugeaient trop intellectuelle et… pas assez « libérée »… Et oui, au delà du désir universel de conquête féminine, le souci de la face est une donnée intangible du comportement masculin thaïlandais… et se mettre en couple avec une fille réputée plus intelligente et plus docte peut ainsi sembler humiliant à nombre d’entre eux… C’est d’ailleurs ce trait de caractère qui explique pourquoi les femmes sont souvent plus enclines à parler avec les étrangers, même dans un anglais très scolaire, que les hommes qui redoutant de faire des fautes ne veulent pas perdre la face…


A suivre...

 


samedi 23 janvier 2021

A la recherche de l’âme sœur en Asie : L'improbable rencontre (1ere partie)

 


Une fois achevée l’indispensable phase de réflexion préliminaire que j’ai évoquée dans le billet « Connais toi toi-même », il est temps à présent de s’intéresser aux principales façons possibles de rencontrer cette « âme sœur »… sous réserve bien entendu que vous soyez sensible aux yeux bridés… car ce n’est pas donné à tout le monde ainsi que j’ai pu le constater....

Disons le d’emblée, même s’il y a sans doute autant de façons de rencontrer quelqu’un que de cas particuliers, et au risque d’être réducteur, je me limiterai volontairement à quelques cas de figure bien précis. Inutile de me dire que mon propos est machiste vu qu’il privilégie le point de vue masculin, que j’ai tendance à donner dans les stéréotypes étant donné que je m’efforce de simplifier pour donner des points de repère, d’avoir une vision biaisée puisque c’est là le reflet de mon expérience personnelle, etc…, etc…. Sachez que je m’en fiche allègrement car le ton de ce billet se veut tout à la fois sérieux et léger… Maintenant, si vous le souhaitez, vous pouvez toujours nous faire part de vos observations en commentaires afin d’enrichir le débat car elles seront les bienvenus… Donc si le cœur vous en dit, à vos claviers, je vous ouvre les pages de ce blog… !

 

Refaire sa vie… tout sauf une mince affaire…

Ceci étant, pour en revenir à nos rencontres, sujet central de ce billet, je dirais qu’il en existe selon moi globalement cinq principales, que j’ appellerai : la « rencontre fortuite et inattendue », la « rencontre qui se prolonge dans le temps », la « rencontre arrangée » par des proches ou des amis, la « rencontre planifiée » par le biais d’un site de rencontre et enfin la « rencontre incertaine… et à risque(s) »… à savoir celle qu’on peut faire à tous les coins de « rue piétonne », dans ces « débits de boisson ouverts tard le soir » comme j’ai coutume de les appeler…

Avant même de passer en revue ces différents types de rencontre je me permettrais toutefois quelques observations préalables … car dans ce genre d’affaires il y a pas mal de désillusions… et chercher à rencontrer l’âme sœur quelque soit le pays, parvenu à un certain age, s’apparente à un marathon qu’on n’est pas certain d’achever… en tous cas dans de bonnes conditions financières et psychologiques… si on ne l’a pas soigneusement préparé…

 

Pourquoi un tel pessimisme de ma part ? Et bien tout simplement parce que d’une façon générale la méfiance féminine est de plus en plus de mise de nos jours dans nos sociétés et nombre de femmes préfèrent s’enfermer dans un célibat prolongé plutôt que de prendre le risque de (re)tomber à la merci du « beauf de service amateur de chair fraîche »… ou du « cheval de retour » confronté à une « foultitude » de problèmes personnels à résoudre, problèmes qui vont de la pension alimentaire à payer à son ex… au rendez-vous mensuel pour pointer au pole emploi… En outre, parvenu à un certain age, nombre d’entre elles y réfléchissent à deux fois avant de se décider à bouleverser l’ordonnancement de leur appartement du fait de l’intrusion d’un « gugus » qui va laisser traîner ses chaussettes partout, ou à accepter d’avoir à rendre des comptes concernant leur emploi du temps… même si c’est de façon réciproque… comportement qu’on peut tout à fait comprendre d’ailleurs. Et oui, le célibat ça n’a pas que des inconvénients… et c’est parfaitement vivable… sauf sans doute le 14 février, du moins si l’on en croit les commerçants et la télévision…

 

Cote mâle, quand on sait la hargne et la rancœur qui anime certaines Européennes vis-à-vis du genre masculin après une rupture ou un mariage brisé, il n’est pas aisé de refaire une vie dans nos pays d’origine… Dans ce domaine, le seul mot d’ordre pour beaucoup d’hommes, c’est « Courage, fuyons ! »… fuyons, certes… mais pas n’importe … Si nombre d’entre nous avons préféré prendre la route de l’Asie c’est bien qu’il y a une raison mesdames… à savoir que nous étions peu soucieux de nous transformer en moutons dociles émasculés et condamnés jusqu'à la fin de nos jours à « éponger les conneries » d’un autre mec… Qui plus est, comme si le quotidien de l’homme occidental en quête de l’âme sœur n’étaient déjà pas assez difficile comme ça, histoire de corser encore plus les choses, la moindre tentative de drague ou d’approche même courtoise, tend à être rapidement qualifiée de harcèlement sexuel par certaines mégères frustrées dont les jérémiades seront rapidement relayées par les juges, voire les média si elle cela se passe au travail... Merci donc à Marlène et à ses consœurs d’Outre-Atlantique d’avoir contribué à compliquer les choses en matière d’approche de la gent féminine… en « floutant » les frontières entre la galanterie, parfois certes un peu trop insistante, et le manque de courtoisie ou la goujaterie…

Entre cette vindicte féminine qui n’aurait pas dépareillé dans une tragédie grecque de bon aloi qui a poussé nombre d’entre nous à partir au delà de la ligne d’horizon pour retrouver la paix et quelques sourires et le devenir problématique de la « drague », que vouliez vous mesdames que nous puissions espérer dans nos pays pour éviter de finir dans la solitude… et les surgelés… ? Et oui, la recherche de la paix et de la sérénité cela n’a pas de prix et quand on la recherche sérieusement, les kilomètres à parcourir ne comptent pas… n’en déplaise aux bien pensants et bien pensantes qui ne voient dans les hommes sensibles au charme exotique que des pervers en puissance… quand ce n’est pas plus… vu la différence d’age généralement de mise entre conjoints…

Voila donc posées quelques unes des données principales du problème… histoire de mettre tout le monde à l’aise… même si chacun ne se reconnaîtra pas nécessairement dans ce balayage assez large de situations….

 

Dans votre cas particulier, messieurs, si vous êtes sensible à la beauté asiatique mais si vous n’aimez pas les voyages ou n’avez pas la possibilité de vous absenter de la mère patrie, vous pouvez bien entendu limiter vos investigations au 13eme arrondissement de Paris, mais sachez toutefois qu’il vous y sera difficile d’arriver à vos fins si vous n’être pas intégré correctement dans la communauté locale. Difficile ne signifie pas nécessairement impossible, je sais… mais il faut savoir néanmoins que l’endogamie y est très forte… En outre, parmi les personnes « disponibles » qu’on trouve au sein de cette communauté d’origine asiatique vivant en France et correspondant à une tranche d’age avancée, la votre, on notera que certaines de ces dames ont tendance à être assez exigeantes en matière de situation sociale… du moins si je me fie aux desiderata de certaines d’entre « présentant bien » et plus enclines à rechercher un profil notaire, avocat… qu’ouvrier métallurgiste… De là à dire que certaines se prennent pour des divas, il y a un fossé que je ne franchirai pas… ou tout au moins pas de façon systématique car il y a nécessairement des exceptions… mais ceux qui négligeraient ces attentes matérielles s’exposent à bien des désillusions…

Par ailleurs, pendant vos recherches ou lors de vos « prises de contact » au sein de cette communauté n’allez surtout pas vous imaginer qu’afficher ouvertement votre goût pour l’exotisme asiatique facilitera vos démarches… car vous vous exposeriez inévitablement ensuite au reproche légitime de prioriser le physique par rapport au moral et de ne considérer la personne en question que comme un objet de fantasmes… partant, d’être un homme volage en puissance… donc indigne de confiance.

Sauf donc à tomber sur la désespérée du moment, à deux doigts de se jeter du haut du haut du pont de la porte d’Italie sur le périphérique, on le voit ce n’est pas gagné… Donc plutôt que de rester pendant vos soirées à tourner en rond dans le 13eme en enrichissant les traiteurs locaux ou les restaurateurs asiatiques… pourquoi ne prendriez-vous pas la route ?


A suivre...

 

 


vendredi 22 janvier 2021

A la recherche de l’âme sœur en Asie… Connais toi, toi-même ! (2eme partie)

 


Le second point concernera votre situation familiale… et celle de la personne que vous pourriez rencontrer. Il est important là encore de dresser un point de situation préalable afin d’affronter dans de bonnes conditions les « événements » à venir…

Quand on se décide à refaire sa vie, il ne faut jamais perdre de vue qu’en règle générale on ne repart jamais réellement de zéro et qu’il peut se faire qu’on « traîne » derrière soi un passé affectif, voire même un passif financier parfois lourd et handicapant lorsqu’il y a eu un divorce difficile et coûteux... Mais pour autant, ce n’est pas parce qu’on a été un peu cassé par la vie qu’il faut rentrer dans une nouvelle union blasé et avec pessimisme, voire avec une aigreur décourageante pour sa nouvelle compagne… surtout si cette dernière n’a jamais été mariée… quand ce n’est pas avec un souci de revanche sur les femmes…

Un autre problème qu’on peut aussi rencontrer est le « refus » de ses propres enfants, lorsqu’on en a, de voir la place de leur mère occupée désormais par une autre femme, surtout quand cette dernière est jeune… à plus forte raison si elle est plus jeune qu’eux…. et ça arrive… Ce rejet de la nouvelle compagne, phénomène que connaissent bien un certain nombre de ceux qui sont confrontés à la problématique des familles recomposées est souvent accentué par le fait que les femmes asiatiques en général et thaïlandaises en particulier, traînent derrière elles une aura quelque peu sulfureuse, drainée autant par quelques émissions de télévision à sensation que par les ragots de certains « beaufs » de retour de vacances au soleil...  Dans ce domaine, à de rares exceptions près, soyez certains que vous pourrez compter sur la rancœur de votre « ex » et la jalousie ou la médisance des mauvaises langues pour alimenter le débat et entretenir le feu ! Et sachez que même s’il n’y a pas médisance, votre choix de vie en interpellera souvent plus d’un et d’une qui auront du mal à « comprendre »… voire se demanderont si vous ne vous versez pas désormais vers la prostitution tropicale, quand ce n’est pas vers la pédophilie… Une chose est certaine, ceci devrait vous permettre peut être de faire un tri parmi vos « amis » ou vos relations !

De la même façon, on peut soi même avoir du mal à s’intégrer dans la famille de sa future compagne, surtout si cette dernière a elle-même des enfants. Découvrir qu’on ne sera jamais qu’une pièce rapportée au sein d’une famille souvent élargie et avoir du mal à y trouver une place peut s’avérer très difficile à vivre… et je ne parle même pas des situations  on se rend compte parfois qu’on n’est toléré qu’en proportion du soutien financier qu’on apporte à la communauté… Il faut donc en être conscient et savoir si on aura la force de caractère suffisante pour faire face à ces choses là …

 

Quoi qu’il en soit, si vous avez décidé de trouver l’âme sœur quelque part au delà de la ligne d’horizon, il serait raisonnable aussi de déterminer très vite lequel des deux partenaires va devoir migrer…

Si vous avez un emploi stable en France qui vous permet de vivre, le problème ne se pose pas bien évidemment. Si vous approchez de la retraite en revanche, il faut anticiper et ce n’est pas toujours chose aisée car on a parfois dans notre pays des parents en fin de vie qu’il faut assister…

A l’usage, on constate très souvent que si la compagne asiatique accepte de venir vivre quelques années en France, une fois l’époux arrivé à la retraite, elle ne tarde pas à exercer une forte pression pour revenir dans son pays en mettant en avant, à juste titre, la qualité et le coût de la vie au plan local. Bien entendu, s’il y a eu entre temps l’arrivée d’enfants scolarisés en France, si elle-même a trouvé un emploi, est parfaitement acculturée et maîtrise bien la langue française, tout ceci sera moins marqué... Outre le mal du pays bien légitime, il ne faudra toutefois pas négliger non plus la pression familiale qui pèsera sur elle, l’incitant au retour pour prendre soin des parents vieillissants… et soulager aussi les frères et sœurs ayant assumé cette charge pendant des années. Là encore, il ne sert à rien de se voiler la face et quand on se lance dans un tel projet de rencontre il faut bien intégrer le fait que tôt ou tard on sera confronté à cette décision… Il faut donc s’y préparer.

 

N’oublions pas non plus la question du positionnement social et des niveaux d’études respectifs qui vont fortement influer, d’une part sur la nature et le degré de communication au sein du couple, d’autre part sur l’intégration de ce dernier dans son environnement relationnel.

Exception faite sans doute des jeunes expatriés qui évoluent dans un endogroupe relativement homogène, venir vivre en Thaïlande ou à l’inverse en France, signifie que l’un des deux conjoints va devoir rompre avec son milieu et avec un certain nombre d’habitudes de vie. La question est donc, êtes vous prêts en ce qui vous concerne à accepter cette rupture et en mesure de la supporter sur le long terme ?

De façon concrète, posez vous en particulier la question de savoir si vous êtes capables par exemple d’accepter de passer un dimanche après midi dans une arrière boutique chinoise, assis sur un sac de riz avec une canette de bière à la main pour écouter des histoires que vous ne comprenez pas en raison de la barrière de la langue… alors même qu’il y a quelques mois encore vous étiez cravaté et exerciez peut être des responsabilités importantes en France dans l’administration ou dans une entreprise… Exemple personnellement vécu…

Quand je parle de différences de niveau d’études, il faut aussi intégrer le fait qu’en Thaïlande l’enseignement dispensé dans les écoles et à l’université est très ethnocentré et que l’ouverture au monde y est très limitée… Par voie de conséquence, ceci signifiera que certains sujets de discussion avec votre conjoint seront désormais impossibles faute de références culturelles communes, voire même de connaissances historiques, géographiques suffisantes… certains sujets notamment dans le domaine politique étant purement et simplement inabordables car tabou. Une chose est certaine, si vous ne pouvez vous passer du cinéma d’art et d’essai, des soirées au théâtre, des exposition de peinture, des discussions sur le dernier Goncourt… vous risquez de trouver le temps long car vous allez pénétrer dans ce que j’appelle un désert culturel, du moins suivant la conception que nous autres Occidentaux nous faisons du terme culture… Maintenant si vous aimez les soirées passées devant la télé à larmoyer sur un téléfilm à l’eau de rose, pas de souci à avoir…

 

Indépendamment du changement de positionnement social, il y a aussi la question de la barrière de la langue à affronter…

Si un jeune enfant est un buvard qui assimile une langue nouvelle en quelques mois, il en va différemment pour un adulte à partir de la cinquantaine, et ceci en dépit de la meilleure volonté ou des prédispositions éventuelles. Il va donc sans dire qu’un minimum d’effort doit être conduit de part et d’autre pour diminuer cette barrière sachant néanmoins que l’apprentissage de la langue du pays de résidence par celui des deux conjoints qui se sera expatrié sera bien évidemment rendue plus aisée du fait d’une immersion permanente que par le biais d’une de ces méthodes intensives… Si le langage du cœur est universel dit-on, il n’en reste pas moins que la compréhension des mentalités locales passe par l’apprentissage, même réduit, de la langue… Si vous et votre future épouse parlez anglais la communication devrait être d’emblée aisée sachant que le fait de pratiquer une langue tonale rendra plus facile la remise à niveau de l'épouse, même si son niveau est scolaire. Mais le recours à l’anglais est aussi une solution de facilite qui peut s’avérer un cadeau empoisonné à terme car cela retardera d’autant l’apprentissage du français et / ou du thaï. C’est le cas en ce qui nous concerne mon épouse et moi et maintenant il est un peu tard pour réagir…

 

Un petit mot encore pour parler religion… car le rapport à la foi conditionne fortement non seulement les mentalités mais aussi la vie quotidienne, le bouddhisme interférant dans tous les domaines de l’existence.

En Thaïlande comme dans nombre de pays asiatiques, la dimension spirituelle est une donnée à ne jamais négliger. Peu importe que vous soyez chrétien, bouddhiste, musulman… une part non négligeable de la façon dont vous serez perçu sera fonction de votre degré de spiritualité. Si vous ne croyez en rien, mieux vaut éviter de trop l’afficher au risque de choquer. A l’inverse dans un pays  95 pour cent de la population est bouddhiste, il faut savoir être tolérant vis-à-vis de pratiques qui peuvent sembler incongrues et envahissantes dans un foyer familial occidental. L’acceptation de la présence de statuettes, d’offrandes de nourriture, voire d’une maison aux esprits devant le domicile, sans parler du recours aux moines pour un certain nombre d’actes importants de la vie, constituent un facteur d’entente indéniable. N’oubliez donc pas qu’au delà d’une religion et d’une philosophie, le bouddhisme débouche aussi sur un mode de vie à part entière… Là encore, si vous faites preuve d’intolérance il est évident que cela aboutira à des tensions ou à des malentendus… La question est donc de savoir si vous avez ou pas une tolérance religieuse suffisante pour accepter les croyances et surtout les pratiques de l’autre… en mettant parfois vous-mêmes les vôtres de coté car il n’est pas toujours évident de trouver un lieu de culte à proximité… surtout quand on se retire dans un village perdu.

 

Terminons enfin cette revue de points à éclaircir, non exhaustive, par une donnée toujours délicate à aborder mais qui s’avère vitale pour l’équilibre d’un couple, à savoir la question de l’ouverture d’esprit réciproque et de la souplesse de caractère…

Chacun d’entre nous est bien entendu intimement persuadé de faire preuve d’ouverture d’esprit dans sa relation à l’autre. Pour décliner correctement cette question de l’ouverture d’esprit il faudrait en écrire des pages entières et encore… On se limitera donc à quelques uns des problèmes du quotidien qui seront approfondis par la suite. Demandez-vous ainsi par exemple lorsque vous souhaitez que votre compagne vous accompagne à un dîner en ville entre farangs si vous-même vous êtes capable de vous joindre sans état d’âme particulier à elle pour un repas sur la natte, le « sua », en compagnie de ses amis ou de ses proches… même si la position est inconfortable pour un Occidental… même si ce n’est pas précisément un bifteck frites qu’on mange… et même si il est encore très loin de midi ou de 19 h…

Dans le même style de questionnement, êtes vous aussi capable par exemple d’accepter dans votre maisonnée l’irruption parfois sans préavis de parents et d’amis, voire leur hébergement prolongé dans le cadre de la mise en œuvre du devoir d’assistance familiale… ou la fourniture d’une aide financière à ceux qui sont dans le besoin… Si vous êtes viscéralement attaché à une conception de la famille nucléaire et que la notion de famille élargie du fait des contraintes qu’elle draine vous donne de l’urticaire, je crains que vous ne vous exposiez à des déconvenues… et à des hausses de tension artérielle…

J’arrêterai là ma liste de points concernant ce sujet sachant que je le développerai beaucoup plus longuement dans mon dernier article consacré à la « vie à deux » sur la « Terre jaune »…

 

Une dernière question tout de même pour clore ce chapitre, en fait la question qui tue… voire qui peut vous faire tuer si votre moitié est jalouse et excessivement possessive… Vous sentez vous capable de tenir bon en matière de séduction dans un pays  la beauté physique et le sourire sont souvent au coin de la rue et  on peut toujours trouver facilement une partenaire en quête de sécurité plus jeune, plus jolie que celle sur qui on a arrêté son choix initial… ce qui ne signifie pas pour autant plus fiable et plus attentionnée… ? D’aucuns et d’aucunes me rétorqueront à juste raison que cette interrogation n’est pas seulement valable en Asie… certes… mais dans notre cas, c’est là une donnée qu’il faut bien prendre en compte car le démon de minuit… peut frapper à n’importe quelle heure de la journée et n’importe , plus spécialement dans ce pays qu’ailleurs… et il faut avoir une certaine force de caractère ou de sagesse pour y faire face…

 

Vous l’avez bien compris, toutes ces différentes interrogations sont liées entre elles car en décidant de partir à la rencontre d’une femme de culture différente c’est un autre mode de vie que vous allez devoir embrasser… et ça ce n’est pas tout le monde qui est capable de le faire… Soyez en certain !


jeudi 21 janvier 2021

A la recherche de l’âme soeur en Asie… Connais toi, toi-même ! (1ere partie)

 


« Divorcés, veufs, célibataires endurcis mais un brin fatigués du célibat… secouez-vous et prenez donc un vol pour l’Asie afin de sortir de votre solitude ! »… Tel pourrait être le slogan d’une agence matrimoniale ou d’un site de rencontre pourvoyeur de compagnes ou d’épouses pour tous ceux qui sont en quête de l’âme sœur. Bien entendu, pour suivre cette recommandation encore faudrait il que les aéroports de l’Asie puissent enfin s’ouvrir… mais ne doutons pas que cela finisse par se produire un jour et que cette pandémie de la COVID prenne fin…


Maintenant, il est certain que si vous êtes réfractaire au charme des yeux bridés et à la vie en Asie, si vous n’êtes pas touché par ce « mal jaune » auquel faisait allusion Jean Lartéguy dans un de ces romans que je lisais pendant mon adolescence, cette série de billets n’est bien évidemment pas faite pour vous... Le mieux que nous ayons à vous recommander dans ce cas c’est donc de continuer à méditer solitairement… sur votre solitude… quelque part du coté de Romorantin ou de Garges-lès-Gonesses… Après tout, des tas de gens vivent très heureux comme cela et sont parfaitement équilibrés, illustrant ainsi la chanson de Gilbert Bécaud, « La solitude ça n’existe pas… ».

Telle n’est toutefois pas mon approche de la vie cependant et c’est pour cela que j’ai un jour embarqué pour cet Orient souvent « compliqué »… et parfois même certains jours, un brin « extrême »……

Pour en revenir au sujet de cet article, voyant l’intérêt généralement suscité par le thème des rencontres féminines en Asie, j’ai donc eu l’idée de rédiger une série de billets un peu plus sérieux que d’habitude afin de m’exprimer sur un thème qui je n’en doute pas, en interpellera plus d’un... Bien évidemment il se trouvera encore des lecteurs pour dire que j’enfonce des porte ouvertes, que j’écris des banalités et des évidences sans nom car tout cela ils le savent déjà, que je généralise à l’excès… sauf que si je me fie au nombre de gens qui se sont fait « couillonner » ou ont échoué dans cette recherche de l’âme sœur par delà les frontières, je me dis qu’il y a encore beaucoup à faire en la matière…

Désolé mesdames, mais au risque d’être accusé de sexisme, ce billet s’adressera surtout aux hommes… encore que je connaisse des Occidentales qui ont-elles aussi franchi le pas et sont venues convoler ou vivre avec des partenaires asiatiques. Si vous voulez nous faire part de vos suggestions ou observations pour compléter mon article, elles seront donc les bienvenues…

Avec le recul que me procurent une dizaine d’années de vie de couple avec une femme asiatique… précédées tout de même de pas mal de « péripéties » antérieures vécues sous diverses latitudes du fait de mon précèdent métier… et ce que j’ai pu observer autour de moi en Thaïlande dans mon entourage relationnel... je vais donc vous livrer ici quelques réflexions qui bien entendu n’engagent que moi et que chacun pourra commenter à sa guise…


Mon premier billet sera consacré à illustrer une citation chère à Socrate, même si elle n’est pas de lui, à savoir « Connais toi, toi même… ». En effet, inutile de vous lancer dans la recherche d’une partenaire asiatique si vous n’avez pas commencé par dresser un point de situation, plus que sérieux, vous concernant… Dans le cas inverse, croyez moi, c’est l’échec quasi assuré et beaucoup de désillusions. Si on dit souvent pour savoir  on va, encore faut il savoir d’où l'on vient… il faut aussi savoir qui on est et ce que l’on recherche…

Après cette première étape, j’aborderai la question du comment trouver cette âme sœur à travers un billet que j’intitulerai « L’improbable rencontre »… J’y passerai en revue quelques une des principales façons de rencontrer une personne inconnue vivant à des milliers de kilomètres, sachant que cette liste n’est bien entendu pas exhaustive et que mon propos à relativiser reposera sur les enseignements que j’ai retiré de ce ce que j'ai appelé ma phase de « prospection »…

Cet article sera suivi d’un troisième volet dont l’objet sera de préciser le point de vue de la partie, non pas adverse j’espère, mais conjointe, et dont le libellé sera « Et elle qu’attend t-elle ? ». Cet article sera rédigé en développant un certain nombre de points déjà abordés dans un précèdent article rédigé avec le concours de mon épouse, du moins sur le plan des idées, car question maîtrise de la langue française elle est encore loin, très loin… du niveau B1 du FLE…

Je terminerai enfin cette série de billets sérieux en abordant le thème de « La vie à deux dans un couple multiculturel », sujet particulièrement complexe en raison des différences existant entre les deux conjoints, différences encore accentuées par la problématique de l’expatriation et de l’éloignement géographique pour au moins un des deux, mais aussi du fait que chaque personne a sa propre personnalité et son propre vécu. Il ne s’agira donc pas, j’insiste sur ce point, de développer des stéréotypes mais de donner des points de référence, qu’il appartiendra à chacun de faire ou pas siens, en fonction de sa propre situation et de ses propres attentes…

 

Et puisqu’il faut commencer et bien débutons par cette petite introspection sans prétention ni exhaustivité, histoire de vous positionner correctement sur le « marché de la rencontre » en évitant le plus possible les erreurs de casting comme on dit…

Le premier point important avant toute recherche de partenaire en Asie c’est d’être bien conscient de son propre âge car c’est là une donnée à ne pas négliger... et pourtant combien ont tendance à le faire…

Le problème et partant la solution à lui apporter, ne seront en effet pas identiques suivant que vous êtes un jeune diplômé fraîchement émoulu d’une école de commerce et débutant une carrière en expatriation… ou un retraité en situation de célibat ou de post-divorce, venu réchauffer ses vieux os au soleil des tropiques… Pour le jeune plein d’avenir qui débarque en Asie il ne devrait pas y avoir trop de soucis pour rencontrer quelqu’un de même niveau social, intellectuel… et d’un âge voisin du sien que ce soit dans le travail ou dans le réseau relationnel lors des sorties. Je dirai simplement qu’il convient toutefois dans ce type de situation de rester prudent car à vingt cinq ans on n’a pas nécessairement ni le même recul sur la vie que quelqu’un de plus âgé, ni la même expérience des relations féminines, en particulier de la psychologie des partenaires qu’on va rencontrer… L’euphorie de la découverte d’un nouvel environnement géographique et humain, l’attrait nouveau d’un certain charme exotique… sans oublier le déficit affectif découlant de l’éloignement de l’entourage familial et des amis de France, font en effet qu’à cet âge là on est souvent sentimentalement « fragilisé » et qu’on a vite fait de s’attacher…

Pour quelqu’un de plus âgé et dont le cuir a été tanné par les péripéties de la vie, le principal problème sera surtout de ne pas céder de façon exagérée à la tentation de l’esthétique et de la jeunesse… En règle générale, tout célibataire qui débarque en Asie recherche une compagne plus jeune, sachant toutefois que jusqu'à un certain âge, cette dernière fera généralement dix ans de moins que son âge réel. Au risque d’irriter certains lecteurs et en demandant par avance pardon à mes amis mariés a des femmes parfois beaucoup plus jeunes qu’eux et qui sont pleinement heureux,  je vous confierai que j’ai pour habitude de dire de façon humoristique que jusqu'à dix ans d’écart c’est de la gourmandise, entre dix ans et vingt ans c’est de la gloutonnerie et qu’au delà de vingt ans on flirte avec la goinfrerie pour ne pas dire dans certains cas l’inconscience... Pourquoi une telle appréciation aussi dure de ma part même si c’est là bien évidemment un trait d’humour ? Et bien tout simplement parce que j’estime, mais ce n’est que mon point de vue personnel, d’une part que la différence d’age induit des besoins et des possibilités physiques différentes entre les deux conjoints, que la perception des choses de la vie n’est pas la même au sein du couple, que les aspirations à un style de vie donnée peuvent différer considérablement… d’autre part, que cela va entraîner lors du « grand départ », le notre bien évidemment, pas mal de difficultés pour le conjoint survivant. Malheureusement tout le monde n’anticipe pas suffisamment sur ce sujet… D’aucuns me rétorqueront que l’on ne sait pas qui des deux partira le premier et c’est exact, mais si on raisonne en termes statistiques, prendre un conjoint de vingt ans plus jeune revient à accepter le fait qu’il va devoir se débrouiller seul ou presque pendant un quart de siècle… Pour rester sur une note positive tout de même et me faire pardonner par mes camarades, je renvoie à cette citation d’un vieux philosophe de comptoir installé au pays du sourire qui disait sur un forum « Ce qu’il y a de bien en Thaïlande, c’est que la femme avec laquelle je finirai ma vie n’est pas encore née… » . A méditer…

Au delà de ce que je viens d’écrire, il faut aussi se rappeler que la jeunesse en soi n’est pas tout et elle s’accompagne souvent de certaines attentes psychologiques qu’on ne saurait décevoir… sauf à être parfois le dernier des « salauds ». Quand on se marie avec quelqu’un de beaucoup plus jeune qui nous apporte sa fraîcheur et nous permet parfois de reprendre goût à la vie, j’estime qu’il est exclu de lui demander de renoncer au besoin le plus légitime qui soit pour une femme, à savoir le besoin de maternité. Si l’on se sent la disponibilité d’esprit, les ressources physiques… et la capacité financière nécessaires pour assumer pas seulement la venue d’un enfant mais aussi et surtout la gestion de son éducation, de son adolescence et des premières années de sa vie d’adulte… pas de souci, en avant ! Mais pour devenir père à l’âge  certains sont grand père, il ne faut pas perdre de vue qu’il faut avoir la santé, beaucoup de patience, accepter l’idée du retour aux couches, aux nuits écourtées et aux biberons… ce qui revient à tirer un trait sur certaines choses qui font le plaisir de la vie une fois arrivé à un certain moment de l’existence comme par exemple les voyages... A chacun toutefois de se positionner par rapport à tout ceci, sachant que même si on retarde l’échéance, il faudra un jour ou l’autre traiter le problème si la future épouse ou compagne n’a encore jamais eu d’enfant…


A suivre...


mercredi 20 janvier 2021

Le mythe de la « poupée asiatique » : entre fantasmes et réalité…


 


Se marier avec un étranger a ceci de bien que cela oblige à devenir particulièrement attentive aux clichés culturels dont on vous affuble avec votre conjoint dans vos nouveaux pays d’accueil respectifs... En tant que « femme asiatique », si tant est qu’on puisse parler de « femme asiatique » en raison de l’extrême diversité du continent et du caractère pluriel des femmes qui y vivent, j’ai ainsi constaté à de multiples reprises que je me trouvais au cœur d’un certain nombre de préjugés et de stéréotypes souvent agaçants… Irritée par certains propos entendus autour de moi dans les soirées ou les dîners, propos souvent accompagnés d’œillades plus ou moins discrètes dont le sens général est « Elle fait bien jeune… Mais où se sont-il rencontrés… », j’ai donc décidé d’écrire avec l’aide de mon mari un article rectificatif destiné à mettre en garde contre ces clichés. Pour me limiter aux plus courants de ces derniers, il semblerait que la « femme asiatique » soit généralement perçue tout à la fois comme un être docile et soumis à son époux, une miniature de luxe sophistiquée et hautaine, une briseuse de ménage, une créature vénale prête à se vendre au plus offrant quel que soit son physique et son age et pour parachever ce portrait peu flatteur, comme le pion avancé d’une inévitable famille nombreuse que tout époux occidental digne de ce nom se doit de secourir et d’assister… Mais qu’en est il au juste à propos de ces idées reçues ?

 

Sommes nous toutes réellement des « êtres dociles et soumis » à nos époux ?

Penser cela c’est méconnaître singulièrement l’histoire de notre civilisation… Quelle que soit notre nationalité, nous vivons depuis des générations dans un univers patriarcal où depuis près de quatre mille ans, pour vivre, voire simplement survivre, il nous a fallu apprendre à privilégier la diplomatie et la douceur par rapport à la force… Le souvenir de nos grand-mères, coréennes transformées en « femmes de confort » pendant la guerre, ou chinoises dont les pieds étaient mutilés au nom de critères esthétiques, est encore très vivace dans nos mémoires. Pour celles qui échappaient à l’infanticide, le mariage signifiait en outre le passage du joug d’un père ayant droit de vie et de mort sur elles à la férule d’une belle-mère dont elles deviendraient l’esclave… En Asie, bien souvent sous la docilité féminine se dissimule en fait un être ayant appris à jouer au mieux de ses intérêts d’un rapport permanent du faible au fort, rapport né dans les rizières et qui se perpétue aujourd’hui dans les usines, les comités de direction ou les salons commerciaux… S’il n’exclut pas le respect légitime dû au père ou à l’époux, accepté souvent plus âgé dans un but sécuritaire, ce pragmatisme souriant et onctueux qui nous anime fait de nous « une main de fer dans un gant de velours »…

 

Sommes nous vraiment des « poupées de luxe sophistiquées et hautaines » ?

Désolée de décevoir les nostalgiques de l’époque des concessions et du Bund de Shanghai mais contrairement à Maggie Cheung, l’héroïne du film « In the mood for love », nous ne passons pas nos journées en Cheongsam fendu, juchées sur des tabourets et nous n’avons pas toutes hélas la beauté naturelle et la classe d’une Shu Qi ou d’une Zhang Ziyi… Même si notre morphologie de « petit gabarit » et notre exotisme peuvent parfois donner à penser à tort que le temps n’a pas de prise sur nous, sans pour autant aller nécessairement jusqu’aux extrémités chirurgicales des vedettes siliconées de la K-pop coréenne, comme toutes les femmes nous sommes contraintes à quelques efforts de relooking… En fait, si nous sommes autant attentives à notre allure physique et vestimentaire, c’est que quel que soit notre pays nous appartenons toutes à une société où les apparences et l’image sont essentielles. Plus que partout ailleurs, c’est en effet par le regard des autres que nous nous positionnons sur l’échelle sociale et honorons en retour par la face, nos familles pour l’éducation reçue, nos époux pour les conditions de vie qu’ils nous procurent…. La couleur blanche de notre peau, le port de vêtements élégants et l’utilisation de produits de marque (ou de leurs copies) ne sont donc nullement une attitude de snobisme ou de fierté exacerbée, mais la manifestation de l’identité sociale que nous revendiquons tant au travail que dans notre vie de couple. Ces symboles de luxe dont nous sommes si friandes, ces cadeaux que nous affichons souvent avec ostentation, notamment sur les réseaux sociaux, ne sont donc que le témoignage public de la place que nous occupons et de l’affection qu’on nous porte.

 

Sommes nous toutes des « briseuses de ménage » ?

Je comprends bien qu’avec la jeune et souriante maid philipinne employée à la maison ou la diplômée shanghaienne affectée comme assistante de leur mari, court vêtue et sexy en diable sur ses interminables escarpins, beaucoup de femmes d’expatriés puissent hésiter en période de vacances à revenir en France avec les enfants en laissant « monsieur » tout seul pendant deux mois… mais n’exagérons tout de même pas… Dites vous que même les « Sarong party girls » singapouriennes, pourtant fortement redoutées dans la « ville du lion », préfèrent traquer le fringant « golden boy » célibataire, plutôt que le « quadra » bedonnant chargé de famille… En fait, plutôt que de nous incriminer systématiquement en cas de « catastrophe conjugale », beaucoup de femmes occidentales feraient donc mieux souvent de se poser la question de la solidité de leur couple avant le départ en expatriation…

 

Sommes nous toutes réellement des « créatures intrigantes et vénales » ?

Même si en Asie le mariage a encore une finalité sociale très forte, les mariages d’amour progressent incontestablement par rapport aux mariages arrangés ou fondés sur des critères financiers, gage de sécurité… Il suffit d’ailleurs de regarder (au second degré) la place occupée par les intrigues amoureuses dans les innombrables séries télévisées pour s’en convaincre… Si vous aimez la lecture, oubliez donc le personnage de Maï, cette taxi girl chinoise, héroïne machiavélique du « Grand monde » de Guy des Cars qui aurait aussi pu inspirer Lucien Bodard… Si vous êtes un cinéphile averti, n’imaginez pas que votre interprète chinoise, mère célibataire ou divorcée, est nécessairement la réincarnation de Suzi Wong, cette entraîneuse un brin affabulatrice du Hong Kong des années cinquante… Enfin, si vous n’êtes qu’un noctambule effréné, abandonnez un peu les reportages télé à sensation de Bernard de la Villardière et les romans de Michel Houellebecq qui pourraient donner à penser qu’en dehors des quartiers chauds, nos villes asiatiques n’offrent aucun intérêt et que toute femme aux yeux bridés est une « fille facile » prête à se vendre au plus offrant...

 

Sommes nous toutes inévitablement la « représentante d’une multitude familiale » ?

Reste enfin le mythe de la famille chinoise « élargie »… Force est de constater que bien qu’en évolution, le fonctionnement de nos sociétés est encore largement communautariste ce qui nous soumet nous autres femmes à une pression morale que nous ne pouvons ignorer. Sachez qu’une vision trop nucléaire de la famille et le rejet de ces liens de solidarité nés du sang nous exposent à une accusation infamante d’égoïsme et d’irrespect vis à vis des anciens, des proches… S’il convient de relativiser l’importance de la contribution financière imposée par ces liens familiaux, il n’en reste pas moins que dans un couple multiculturel nos époux doivent comprendre cette obligation morale de soutien qui est la notre et dont nous ne pouvons nous affranchir sous peine de perdre la face et de la faire perdre à nos parents directs… Bien comprendre cela est d’ailleurs sans doute l’une des clés essentielles de réussite d’un mariage entre une Asiatique et un « long nez »…


Pour conclure, je dirai qu’il est donc grand temps de nuancer les idées reçues concernant les « femmes asiatiques » et les mises en garde proférées à leur égard… Ces préjugés et ces stéréotypes véhiculés par la littérature, le cinéma, la télévision, voire une observation superficielle de la société locale, s’avèrent en effet parfois très lourds à porter. Outre le fait qu’ils faussent le jugement des personnes que nous rencontrons, exacerbent les susceptibilités et génèrent des tensions inutiles, ils peuvent en effet à la longue perturber profondément autant l’équilibre conjugal d’un couple multiculturel que son intégration dans la société occidentale locale...


Nota : cet article écrit à quatre mains avec mon épouse a déjà été publié sur le site du cabinet de consultants en management interculturel " Regards interculturels " :  

https://regards-interculturels.fr/2017/10/le-mythe-de-la-poupee-asiatique/

mardi 19 janvier 2021

La femme " aux colonies "… d’hier à aujourd’hui.

 


 

La vie des femmes dans ce qui était autrefois les « colonies » est un thème rarement abordé par l’historien ou le sociologue, alors même qu’il est loin d’être sans intérêt. Quelle que soit l’époque, dans un univers toujours dépaysant et parfois hostile, la femme occidentale partant sous les tropiques a été contrainte de s’adapter pour faire face aux aléas de la vie et parfois même… de lutter contre des rivales exotiques dont l’attrait sur les Occidentaux fut et reste encore indéniable…



De la femme « coloniale »...

Autrefois la « femme aux colonies » était épouse de planteur, de négociant, d’administrateur, de militaire… accompagnant son mari vers des horizons, certes exotiques mais souvent malsains, remplis d’imprévus en tous genres et de risques. Pour celles qui allaient vivre en ville, que ce soit à Dakar, à Hanoï, à Nouméa… les difficultés du séjour résidaient surtout dans le fait de devoir évoluer dans un univers clos ressemblant à une prison dorée, de lutter contre l’ennui en attendant le bal annuel du gouverneur et de résister aux inévitables cancans typiques des villes de garnison. Elles découvraient ainsi, pour reprendre les mots du général Némo, que « vivre outre-mer c’est vivre dans une maison de verre ». Pour celles qui partaient « en brousse », il fallait désormais apprendre à vivre dans la rusticité, la solitude, parfois le danger et subir même l’humiliation comme ce fut le cas pour beaucoup d’entre-elles le 9 mars 1945 en Indochine. Pour aider ces femmes à affronter cette vie difficile, Clotilde Chivas-Baron publia en 1929 un manuel d’initiation à la vie coloniale, très instructif, qui s’intitule « La femme aux colonies ». En dépit des recommandations formulées par cette écrivaine bien au fait de la vie « à la colonie », le quotidien ne fut pas toujours facile tant pour les intéressées… que pour leurs maris. Comme nous l’a rappelé Jacques Frémeaux dans « L’Afrique à l’ombre des épées », l’image de la femme sous les tropiques n’était pas toujours élogieuse puisqu’il se disait qu’une femme d’officier colonial « invaliderait de 80 % la valeur de son mari », qu’à quelques exceptions près, « le soleil les rendrait folles, faisant d’elles des dévergondées ou des neurasthéniques » voire même que « la jeune femme d’officier serait une des plaies de l’armée coloniale, l’autre étant l’alcool »… En dépit de cela, la littérature et le cinéma perpétuent cependant le souvenir de femmes courageuses et entreprenantes se dévouant au service des autres et des indigènes, comme par exemple cette femme-planteur hors du commun qu’était madame de la Souchère.


… à la femme « expatriée »…

Cette femme « coloniale » que je viens d’évoquer a aujourd’hui disparu. Elle a désormais cédé la place à celle qu’il convient d’appeler une expatriée et qui tout comme autrefois, soit accompagne son époux, soit de plus en plus choisi d’elle-même de troquer un avenir incertain en France pour partir en célibataire rechercher du travail à l’étranger. Tout comme la femme de colonial du siècle précédent, même si le confort est souvent au rendez-vous dans les grandes villes, sa vie n’est pas pour autant toujours facile et enrichissante. Il semblerait bien qu’en dépit d’internet, de la télé par satellite, des rémunérations confortables, beaucoup connaissent à leur façon nombre de problèmes de leurs aînées… Ainsi, aujourd’hui comme hier, pour celles qui « suivent », il faut apprendre à s’approprier le séjour, à fréquenter un milieu relationnel qu’elles n’ont pas choisi, à résoudre les petits soucis d’approvisionnement, à découvrir une langue et un environnement nouveaux, à vivre souvent en parallèle d’un conjoint submergé de travail… et surtout à faire face à l’inévitable choc culturel... Les échecs coûteux de bien des expatriations professionnelles, parfois suivis même de divorces, sont très souvent à mettre au compte de l’inadaptation d’un conjoint désœuvré ou en perte de repères, à un mode de vie par trop atypique. Faute à la fois d’une aptitude suffisante au départ et d’une bonne préparation intellectuelle, matérielle et surtout psychologique, le séjour peut ainsi parfois se transformer en drame humain et familial. Aujourd’hui plus qu’hier encore, l’expatriation constitue le révélateur de la solidité d’un couple, surtout quand on sait que ce nouveau cadre de vie dissimule bien des tentations…

 

… sans oublier l’omniprésente « rivale exotique ».

Parler de la femme « aux colonies » implique en effet d’évoquer aussi celles qui apportaient jadis aux coloniaux célibataires l’indispensable réconfort, autant affectif que physique, pour faire face à l’éloignement et à l’isolement, parfois au stress des combats… mais qui perturbaient aussi la stabilité conjugale des mariés. Conscient du caractère sensible et inévitable de ces rapprochements et reprenant à son tour sans trop y croire les propos du colonel Le Camus, figure de la coloniale du début du XX° siècle, le colonel Ferrandi, mettait d’ailleurs en garde les jeunes officiers dans son livre « L’officier colonial » en écrivant à leur attention : « Il y a quatre choses dont il faut se méfier en Afrique : l’eau, le soleil, les moustiques et les femmes ». Pour autant, du capitaine Massu en poste dans le Tibesti au Tchad au lieutenant Salan détaché au Laos, sans oublier le capitaine Broche affecté à Tahiti… nombreux sont ceux qui négligeant ces recommandations ont découvert un pays inconnu, un mode de vie original, une culture nouvelle… en grande partie grâce à ces compagnes exotiques qu’ils avaient prises pour la durée du séjour, compagnes ensuite léguées à leur successeur. Ces unions restaient généralement sans lendemain, car même s’il y avait parfois l’arrivée d’un enfant comme ce fut le cas pour le général Salan, un mariage civil n’intervenait que très rarement du fait de la pression sociale et des différences culturelles jugées alors insurmontables… Aujourd’hui, tout comme à l’époque des Lartéguy et des Bodard, ainsi que le montre Frédéric Amat dans son livre « La drôle de vie des expatriés français au Cambodge », la fascination de la « femme exotique » reste forte chez beaucoup de ceux qui ont décidé de partir « voir au-delà de l’horizon ». Même si les « congaï » vietnamiennes sont désormais remplacées par les « maids » philippines, voire les « bars girls » cambodgiennes ou thaïlandaises, et si les « taxi-girls » chinoises hautaines d’autrefois ont cédé la place aux « sarong party girls » singapouriennes, les unes et les autres évoluant aux deux extrémités de l’échelle sociale, l’Asie illustre à cet égard particulièrement bien la pérennité du mythe de la femme exotique.



A une époque où ce ne sont plus les amibes ou les épidémies qu’elle doit redouter, mais bien plutôt les effets du démon de midi, le devenir d’une Européenne sous les tropiques reste donc parfois aussi incertain que celui de ses aînées…



Illustration :  @ 


dimanche 10 janvier 2021

Le piment c’est bon… mais n’en n’abusons pas…

 



Après quelques mois de présence et de participation active sur un site Facebook dédié aux retraités vivant en Thaïlande, site très riche au demeurant en informations de qualité, j’ai pris la décision de quitter celui-ci car j’avais du mal à supporter l’enthousiasme effréné pour le pays, manifesté tant par son administrateur que par certains de ses adhérents, adeptes du toujours plus « épicé »…


On sait depuis longtemps qu’en arrivant dans un pays étranger, une fois achevée la découverte euphorisante d’un nouveau milieu et encaissé l’inévitable choc culturel qui suit la fin de la « phase touristique », la relation au pays et à sa population tend à se décliner globalement de trois façons…

Il y a en premier lieu les inévitables inconditionnels du pays et de ses habitants, de ses paysages, de sa gastronomie, de son mode de vie, de ses mentalités… pour qui aucune critique ou réserve ne saurait être admise sur ces sujets… Dans le cas précis de la Thaïlande, « le Royaume » comme disent d’aucuns qui visiblement pensent qu’il n’en n’existe qu’un seul au monde, certains flirtent même avec la quasi idolâtrie. En essayant de « manger encore plus épicé que les Thaïs », sans doute se donnent t-ils l’illusion d’une parfaite intégration locale… Ils oublient que tout ici n’est pas comme on le lit sur les guides touristiques… et que les règles de politesse en vigueur sont tout sauf de la courtoisie, que la violence qui pour être régulée ou canalisée comme presque partout en Asie, n’en n’est pas moins réelle… et que l’indifférence aux autres est généralement de mise en dehors du cercle relationnel direct. Minimisant les inégalités sociales, fermant pudiquement les yeux sur la corruption, le fonctionnement de la vie publique, la dangerosité de la conduite routière, la destruction environnementale avec ses décharges sauvages ou à ciel ouvert… pour ne citer que ces seuls thèmes… leur leitmotiv est « Les Thaïlandais font ce qu’ils veulent, ils sont chez eux… Si ça ne vous plait pas vous n’avez qu’à rentrer chez vous ! »… De tels propos qui ne font évidemment guère avancer le débat éclairent cependant parfaitement sur l’ouverture d’esprit de leurs auteurs, dont l’approche des mentalités locales semble souvent s’être limitée à une lecture en diagonale du chapitre culture du guide Michelin... ou à la vision du sourire mécano rivé de l’employée du « seven-eleven » voisin…

 

Il y a ensuite tous ceux qui après un passage éclair au pays de Siam n’ont visiblement pas vocation à revenir de sitôt en Asie, attendant selon les cas, soit de reprendre leur avion au terme de quelques semaines de vacances exotiques, soit la fin de leur contrat d’expatriation… Pour ces réfractaires au pays, qui peut être ne peuvent se faire au goût du riz ou qui s’imaginent que le poisson qui leur est servi dans cette gargote de street food provient du klong voisin dont les effluves circulent entre les tables… rien n’est bon. Ajoutons à cela le regard que portent nombre de ces réfractaires sur les couples mixtes, en particulier parmi sa composante féminine, qui tend souvent à assimiler toutes ces jeunes femmes asiatiques accortes qu’ils croisent comme étant nécessairement des prostituées mineures et ces messieurs occidentaux plus âgés qui les accompagnent, comme de vieux « cochons », limite pédophiles… Repartant définitivement dégoûtés vers d’autres latitudes, ils et elles n’ont pas leur pareil pour tailler ensuite un “costard sur mesure” à tous les mâles occidentaux qui vivent à l’année en Asie. Avec de tels témoignages, bien relayés dans les chaumières par ces émissions télévisées à sensation souvent diffusées avant le 20 h du week-end et par quelques livres qui pour être bien vendus ne dépareilleraient pas au rayon des romans de gare, comment s’étonner que l’on ne soit pas considéré par nos compatriotes de l’hexagone comme des potentiels "touristes sexuels" ou comme des potentiels "résidents sexuels"…

 

Enfin, il y a tous ceux qui se positionnent à un niveau intermédiaire entre les "intégristes" et les "réfractaires", groupe dont je fais partie… Ceux là qui ont appris à démythifier le sourire thai sont les plus à plaindre car ils ont régulièrement des démêlés avec les deux catégories précédentes, tantôt pour inciter à la mesure les premiers en les invitant à retirer leurs lunettes roses, tantôt pour rappeler à la raison et à la tolérance les seconds… Respectueux des us et coutumes locaux, capables de prendre un repas local sur la natte avec les parents de leur conjoint en arrosant même leur riz – poisson ou leur Som Tam avec du whisky allongé de soda, ils sont aisés à reconnaître car lorsque l’occasion se présente, ils ne crachent pas plus sur le Ricard ou le vin rouge que sur la charcutaille ou le fromage… Je ne sais pas si pour eux le centre du monde est toujours la gare de Perpignan, à l’instar d’un Salvador Dali, mais une chose est certaine, il ne se limite pas nécessairement à un village perdu au milieu des rizières, à un condo peuplé à 49 % de farangs ou à un Mall… voire à un comptoir à bière entouré de tabourets "garnis" et accueillants…

 

Je l’ai dit, la vision idyllique qu’ont certains de la société locale et de son fonctionnement n’est absolument pas la mienne. Quinze années passées outre mer et à l’étranger, parfois en coopération et pleinement immergé dans le milieu local, auxquelles s’ajoutent une dizaine d’années de vie en Thaïlande, m’ont en effet conduit à relativiser beaucoup de choses en matière de vie et de travail à l’international. L’expérience, les lectures, les discussions et l’observation de la vie locale m’ont depuis longtemps convaincu que tout n’est jamais pour le mieux dans le meilleur des mondes, ceci quelle que soit la destination… quand bien même on l’appellerait "pays du sourire". Il faut être soit un grand naïf, soit n’avoir jamais beaucoup voyagé pour le penser… Même si on apprécie un pays et sa population, car il y a de la gentillesse et de la générosité partout dans le monde, j’estime qu’on se doit de conserver un esprit critique et lucide, ce qui ne signifie pas pour autant faire du dénigrement systématique au motif qu’on n’aime pas certaines choses… Rester dans la réserve, notamment s’agissant des sujets en rapport avec la "vie de la cité", ne serait ce que pour des raisons de prudence légitime, respecter les us et coutumes d’un pays pour ne pas choquer et à l’inverse susciter la sympathie, essayer de comprendre un minimum les mentalités locales, ce qui implique de s’intéresser un peu à la langue, véritable clé de lecture des rapports humains, sont des évidences… En ce qui me concerne je me suis toujours efforcé dans mes responsabilités passées d’inculquer ces principes à mes collaborateurs ou à ceux que je formais en vue d’une expatriation ou d’une mission à l’étranger. Pour autant, j’estime qu’il ne faut pas en faire trop et verser comme le font certains dans l’idolâtrie naïve, voire dans la flagornerie pure et simple, oubliant qu’ils ne sont ici pour des raisons essentiellement culturelles que des pièces rapportées, momentanément tolérées.  Ainsi, lorsque je vois par exemple l’administrateur d’un site Facebook présenter au nom des membres de son groupe ses vœux de prospérité et de longue vie aux plus hautes autorités ou les remercier pour leur politique sanitaire de fermeture du pays, je trouve que c’est aller un peu trop loin… et « oublier bien des choses »… d’autant que les destinataires de son message, parfois xénophobes, n’en n’ont strictement rien à faire de ses vœux ou de ses remerciements…

 

Je sais bien que certains ont le sentiment d’avoir trouvé le Saint Graal en arrivant ici mais il y a des limites à tout… C’est à se demander parfois si ces personnes ont un peu voyagé dans leur vie et ont vraiment pris le temps de réfléchir à ce qui se passait autour d’elles… à moins qu’elles n’aient été soit lobotomisées en franchissant les portiques de sécurité de l’aéroport à leur arrivée, soit intoxiquées par un abus de piment… Je m’interroge sérieusement parfois…


Bienvenue sur Amazing Thailand... ex Sanouk...

            Bonjour à toutes et à tous, puisque vous venez de vous prendre les pieds dans la toile et êtes venus buter sur mon nouveau blog,...