Et bien puisque vous avez décidé de franchir le pas, commençons donc par évoquer la rencontre… fortuite et inattendue.
Ce que j’appelle la rencontre fortuite et inattendue, c’est simplement celle à laquelle on ne s’attendait absolument pas et qu’on fait un jour en débarquant dans un restaurant, en s’asseyant dans un bus ou un avion… aux cotés d’une charmante inconnue … et qui provoque un déclic réciproque… Si tout comme pour le Messie, beaucoup attendent cette rencontre… dans les faits peu de gens la font… Il ne vous est bien entendu pas interdit d’espérer que lors de votre prochain voyage vers l’Asie, en vous asseyant à Roissy dans votre siège d’avion, la personne assise à coté de vous soit justement une jolie Asiatique célibataire partant revoir sa grand mère quelque part du coté de Shanghai, de Hanoï ou de Bangkok… Mais sachez quand même que sur cette dernière destination vous aurez plus de probabilités d’être assis près de « Hermann l’enrobé » partant déguster ses bières en compagnie des « ambianceuses » de Pattaya ou du cake du 93 ou de la Belle de Mai, partant flamber les indemnités diverses et « variées » que le fisc lui aura versées grâce à votre labeur… que de vous retrouver aux cotés d’une frêle poupée chinoise… Et quand bien même un tel miracle se produirait, il y a en général de fortes chances que la personne soit déjà casée… et en plus ironie du sort… à un autre farang…
Bon, ça c’était pour vous remettre les idées en place, histoire de ne pas débuter sur des malentendus… car le problème, et il est de taille, c’est qu’il y a autant de chances de faire ce type de rencontre dans la réalité… que de recevoir la grâce divine un 15 août à Lourdes… Je ne dis pas que cela n’existe pas… mais personnellement je ne l’ai jamais vécu… et surtout je n’ai jamais rencontré qui que ce soit qui l’ait vécu... Sorti du cinéma ou des romans à l’eau de rose de la collection Harlequin, il y a autant de chances de recevoir un coup de foudre sentimental dans la vie quotidienne… qu’un coup de foudre orageux… Quand on sait que ce dernier ne tuerait parait-il en France que 10 à 20 personnes par an et n’en blesserait que 100 à 200… en termes statistiques cela vous donne une idée de ce que cela peut donner dans le domaine sentimental et quelles sont vos chances de rejouer un remake du film « Coup de foudre à Bangkok »… Dans ces conditions, autant aller parier au loto millionnaire pour remporter le gros lot… d’autant que ce gros lot, n’en doutez pas un instant, augmentera considérablement votre « sex appeal »… et ce quel que soit le continent… Comme aurait dit Coluche au lieu de « l’embarras » vous aurez désormais « le choix :…
Pourquoi je dis en substance que le coup de foudre avec une Asiatique serait globalement une vue de l’esprit ?
Et bien, tout simplement parce que si, comme nous l’avons vu, rencontrer l’âme sœur dans nos sociétés occidentales devient de plus en plus difficile au fur et à mesure que la « date de péremption » avance, en dépit des apparences et de la rumeur tout devient rapidement encore plus subtil s’agissant de l’Asie... Sans pour autant donner dans la psychologie de comptoir ou les stéréotypes, il y a quand même un certain nombre de règles du jeu qu’il faut évoquer pour ne pas être déçu inutilement…
En premier lieu il est important de garder à l’esprit que sauf bien entendu à aborder une certaine catégorie de personnes « disponibles » en descendant de l’avion, personnes qui au demeurant viendront spontanément à vous et dont je parlerai plus tard, la culture asiatique est en effet ainsi faite qu’il est mal vu pour une femme « honnête » de faire part d’emblée lors des premiers contacts avec un inconnu de ses sentiments ou opinions, voire de s’exprimer de façon directe sur ces questions, en particulier s’il est étranger… Ceci ne veut pas dire que la « cougar », la « femme libérée », n’existent pas… mais disons qu’elles ne courent pas nécessairement les lieux que nous pourrions logiquement fréquenter… Cette retenue des réactions qui est autant une question de pudeur personnelle que de pression culturelle du milieu d’appartenance devrait donc vous faire comprendre combien sont infimes vos chances de « tomber » la première venue au premier regard…
Par ailleurs, ce qui est pourtant paradoxal et parfois difficile à comprendre, c’est que le désir de trouver un conjoint « fiable » est pourtant très fort chez nombre d’entre elles… Au fur et à mesure qu’elles vieillissent, les femmes célibataires asiatiques subissent en effet, plus encore qu’en Occident je pense, une pression morale de plus en plus forte de la part de leur environnement pour se caser afin de devenir mères et (surtout) pour être en mesure de prendre soin de leurs parents, en un mot pour devenir des « femmes à part entière ». Le problème pour nombre d’entre elles, c’est que pour répondre à ces attentes familiales elles sont alors parfois contraintes (heureusement pas toujours…) d’accepter une union avec un homme dont le comportement ne sera pas nécessairement celui qu’elles attendent au vu des héros masculins des « drama télévisés », nombre d’entre eux se signalant ainsi parfois par leur caractère volage, leur goût pour l’alcool ou leur addiction au jeu entre copains… Dilemme difficile donc à résoudre pour nombre d’entre elles… D’un coté la préservation d’une certaine liberté individuelle mais dans une culture où traditionnellement l’individu doit s’effacer devant la collectivité, de l’autre la paix familiale avec parfois le confort matériel mais au détriment de la réalisation personnelle. De quoi réfléchir donc…
Pour celles qui n’ont pas encore convolé ou qui ont rompu une union, souvent d’ailleurs plus symbolique que juridique, le célibat prolongé s’organise autour du travail quotidien, de la présence sur les réseaux sociaux, des réunions familiales ou amicales, avec ponctuellement un voyage organisé à l’étranger… et parfois un hobby sportif ou des actions désintéressées comme par exemple la prise en charge de chiens abandonnés… Dire que nombre de ces femmes vivent une vie par procuration à travers ces exutoires… ou ces feuilletons télévises sentimentaux, les lakhorns, devant lesquels elles se « légument » plusieurs fois par semaine, ne me semble pas relever de l’exagération, du moins si je me fie à ce que j’ai pu observer….
La disponibilité sentimentale étant au rendez-vous chez nombre d’entre elles, tout serait donc parfait pour nous qui débarquons… mais comme dans tout bon film indien sorti de Bollywood. il y a nécessairement quelque chose qui empêche Cupidon de frapper à la porte de Cendrillon… et ce « quelque chose », ce grain de sable dans les rouages, c’est souvent la peur de perdre la face, d’être ridicule vis-à-vis de leurs proches, de leurs amis… Ce ridicule est à mon sens encore plus marqué si l’échec survient suite à une rencontre avec un Occidental, individu censé par définition apporter la sécurité matérielle et morale. La jalousie féminine étant comme chacun sait une des choses du monde les mieux partagées, inutile de dire que les amies et cousines qui moisissent dans leur célibat ou vivent dans l’ombre d’un conjoint local qui les déçoit auront en effet beau jeu de dire dans son dos « Mais pour qui se prenait elle… »… histoire donc d’oublier et de faire oublier… leurs propres déboires. Dans une société de la honte, comme c’est le cas dans tous les pays asiatiques, n’oublions jamais que le ridicule tue et… peut faire tuer…
Vous comprendrez donc aisément dans ces conditions que la probabilité de tomber sur une fille qui d’emblée vous dirait ou tout au moins vous montrerait qu’elle vous attendait est infinitésimale… Donc d’une façon générale, inutile d’essayer de brancher une femme à la caisse d’un seven-eleven où vous êtes de passage, voire de la draguer en public le temps d’un voyage en van… sauf si vous êtes résolument joueur et optimiste… Je tiens à ce sujet à rappeler que même Richard Mason dans son roman « Le monde de Suzy Wong » n’a pas osé dans un souci de réalisme faire succomber son héroïne au coup de foudre lors de la traversée en ferry du bras de mer séparant Hong Kong des nouveaux territoires, c’est dire…
On ne le répétera jamais assez, si vous souhaitez rencontrer l’âme sœur aux yeux bridés, pour ne pas être inutilement déçu et frustré, oubliez la notion de coup de foudre instantané et réciproque car dans le monde asiatique on s’inscrit dans la durée et on calcule autant si ce n’est plus… qu’on ressent… Dans une culture où la maîtrise des réactions et la non extériorisation de ses sentiments sont de mise, il serait donc étonnant… voire suspect… que quelqu’un puisse se lâcher trop vite…
Si cela est souvent vrai en Occident comme ne manqueront pas de me le rappeler certains, ça l’est à mon sens encore plus en Orient où union matrimoniale doit rimer avec sécurité autant pour soi même que pour ses proches… en vertu du principe de famille élargie…
Il est temps à présent d’évoquer les autres types de rencontre… qui pour le moins sont plus réalistes…
A suivre...
NB : suite à un rappel à l'ordre qui m'a été fait concernant le copyright relatif aux dessins humoristiques copiés sur Internet pour illustrer mes articles, je me suis rabattu sur mes propres photos pour éviter les soucis... Tant pis pour vous, vous devrez donc vous contenter de cette charmante Japonaise immortalisée par mes soins sur une plage de Kho Phi Phi pour agrémenter cette série de billets sérieux consacrés à la recherche de l’âme sœur en Asie...
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