La rencontre incertaine... et à risques…
Ce type de rencontre là, c’est bien entendu celle que pratiquent nombre de célibataires esseulés venant passer quelques semaines de vacances en Asie, voire s’y éternisant pour certains… mais la recherche de l’âme sœur dans un lieu de distraction, comme un bar à hôtesses ou une boite de nuit… voire même dans un lieu public tout à fait ordinaire comme par exemple une réception d’hôtel peut se révéler une source de risques non négligeables… Si je mets un s à risque c’est que j’estime que ce dernier est pluriel… car s’il peut être parfois sanitaire... souvent financier... il est toujours moral et psychologique lorsqu’on s’est fait « rouler dans la farine » par une gogo girl ou une fille malhonnête…
Pour ce qui relève de la première catégorie, à savoir les lieux de distraction nocturnes, tout ou presque ayant sans doute été dit sur ce sujet que j’ai moi aussi traité de façon humoristique dans le cadre de ce blog, il serait logiquement inutile de développer... Il serait inutile… mais pour autant on constate depuis des lustres que le nombre de gars qui se font piéger lors de ce type de rencontre n’est pas prêt de diminuer et il y a fort à parier qu’aussitôt que les frontières du pays seront ouvertes, il explose... La littérature, du moins pour ceux qui lisent, et le cinéma pour la grande majorité d’entre nous, nous ayant habitués à voir des « Marie-Madeleine » en perdition être sauvées de la déchéance morale et surtout matérielle par des « chevaliers blancs » de passage, certains finissent par prendre cela pour de la réalité… De Suzy Wong la fille de bar de Hong Kong à Pat l’héroïne du film Lady bar… en passant par Vivian de « Pretty woman »… le mythe a été soigneusement entretenu au fil des ans et il est donc compréhensible que certains nouveaux venus finissent par se laisser prendre à ce jeu du noctambule rédempteur… Au point d’oublier comme disent les « experts », que « s’il est facile de sortir la fille du bar… il est plus difficile de sortir le bar de la fille »... Sortir le bar de la fille, cela revient en pratique à lui faire stopper l’alcool, à modifier son look vestimentaire, à changer son mode de vie et son langage… et surtout à la couper d’un environnement de copines dont l’influence ne peut être que néfaste pour vous deux… Inutile de dire qu’à de rares exceptions près c’est l’échec programmé avec à la clé bien des désillusions… et là encore, je ne peux que renvoyer au livre de Frédéric Amat où sont évoqués les malheurs de ce jeune expatrié de Phnom Penh avec cette fille de bar dont il essaie de « normaliser » la vie…
Certains esprits particulièrement compréhensifs nous expliqueront sans doute que c’est la pression familiale qui pousse une fille pauvre à aller s’asseoir sur un tabouret de bar mais personnellement je m’interroge quand même sur le pourquoi de ce choix… quand on connaît le nombre de places offertes en usine ou aux champs, au point qu’il faille recruter pour ces travaux des migrants du Myanmar et du Cambodge… Sans contester le fait que cette pression soit à prendre en compte au même titre d’ailleurs que le manque de maturité des intéressées, leur incapacité à se projeter dans l’avenir, leur banalisation de la sexualité, leur manque d’éducation, voire le poids de certains déboires sentimentaux antérieurs ou la charge d’une maternité… il n’en reste pas moins que l’attrait de la vie facile, l’appât du gain et la griserie de la nuit sur fond d’alcool prennent rapidement le relais et agissent très vite comme une drogue.
Faire la fête dans ce milieu est une chose, aller au-delà pour refaire une vie en est une autre… Mais à chacun de voir ce qu’il veut… puis d’assumer ses choix.
S’agissant de la seconde catégorie, à savoir les rencontres faites dans un lieu public tout à fait banal, il est souvent plus difficile qu’on ne le pense d’y voir clair entre l’honnêteté et la perfidie, tant la frontière est parfois floue… Un de mes amis, aujourd’hui marié à une charmante Thaïlandaise et père d’un petit garçon, s’est ainsi fait piéger lors de ses premiers séjours par la réceptionniste de son hôtel de Pattaya qui sous couvert d’une idylle naissante, est parvenue à lui soutirer en quelques mois pas mal d’argent suivant un processus bien rodé que connaissent tous ceux qui suivent les forums dédiés à la Thaïlande… et qui en dépit des mises en garde fonctionne toujours... Profondément blessé par cette arnaque, essuyant des plaisanteries sur les forums où il contait sa mésaventure, je n’ai pu que lui suggérer une inscription sur un site de rencontre ce qui lui a permis fort heureusement de rencontrer quelqu’un d’honnête et de fonder ensuite une famille.
Ce qu'il faut quand même se dire c'est que rares sont ceux qui à la recherche de l’âme sœur réussisse du premier coup à rencontrer la bonne personne, évitant ainsi de perdre inutilement le petit cadeau qui a été offert, les repas au restaurant ou les dépenses de visites à deux... Tant que cela reste dans une certaine proportion ce n'est pas bien grave... et cela participe de l'acculturation... Le point clé est de ne jamais placer d’emblée la barre trop haut dans les attentions que l'on fait car à terme cela générerait des attentes inutiles et d’inévitables déceptions, source de tensions relationnelles, lorsque la manne se tarit,...
En résumé, bien qu’on ait coutume de dire que dans ce domaine, si « l’esprit est fort, la chair est faible », il semblerait au vu du quotidien que l’esprit chez les gens esseulés, sentimentalement déçus ou blessés par la vie… ne soit pas si fort que cela. Une chose est certaine, quand on se lance dans cette quête de l’âme sœur il faut avoir « le cuir un minimum tanné par la vie », sinon gare aux déceptions... Ce déficit affectif, bien plus que sexuel, fait alors de ceux qui ne sont pas suffisamment acculturés à l'Asie des victimes potentielles pour des prédatrices qui jettent le discrédit sur l’ensemble de la population féminine thaïlandaise… portant ainsi préjudice à tous les couples mixtes « normaux »…
C’est donc sur ce petit balayage de situations que se conclut cette seconde série de billets consacrés à « l’improbable rencontre »… Si certains sont intéressés par une suite… et seulement si… je poursuivrai alors sur un troisième volet qui sera dédié aux attentes de la femme asiatique où je développerai un certain nombre de points déjà soulignés dans un billet précèdent du blog et intitulé « Le mythe de la poupée asiatique »…
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